Portrait

5 questions à Maurice Botoh Yapo

Cinq questions à Maurice Botoh Yapo, président de l’Association des actionnaires des sociétés cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilières (AASCOT-BRVM).

Les particuliers s’intéressent de plus en plus aux investissements en bourse. Au niveau de l’espace UEMOA, les petits porteurs sont regroupés au sein de l’Association des actionnaires des sociétés cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilières (AASCOT-BRVM). Président de cette organisation, Maurice Botoh Yapo lève le voile sur les activités des petits porteurs opérant à la BRVM.

FORBES AFRIQUE : Pouvez-vous nous présenter l’association que vous dirigez ? Qu’est-ce qui a motivé la mise en place de cette structure ?

MAURICE BOTOH YAPO : L’Association des actionnaires des sociétés cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilières a vu le jour en 2001, après que plusieurs actionnaires aient réalisé que pour être entendus, il leur fallait se regrouper. Notre association a été mise sur pied avec un double objectif : défendre les intérêts des actionnaires vis-à-vis des sociétés, des États, des SGI (Sociétés de gestion et d’intermédiation), de la BRVM, et améliorer les connaissances des actionnaires par des séances de formation.

Quelles grandes activités l’AASCOT-BRVM a-t-elle menées durant l’année boursière 2015 ?

L’année dernière, nous avons pris contact avec deux pays, le Bénin et le Niger, dans l’optique de mieux faire connaître notre association et de promouvoir davantage la bourse. Nous avons par ailleurs continué à former nos actionnaires ou futurs actionnaires lors des « tribunes du jeudi », qui ont lieu dans la salle de cotation de la BRVM et au cours desquelles expliquons les éléments essentiels pour pouvoir mieux investir. Enfin, lors des assemblées générales, nous donnons notre point de vue sur la gestion des entreprises cotées à la BRVM.

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On entend souvent dire qu’en réalité, ce sont les investisseurs institutionnels (banques, compagnies d’assurances, fonds communs de placement…) qui influencent véritablement les cotations du marché, et non les petits porteurs. Partagez-vous ce point de vue ?

Plusieurs personnes participent à la cotation du marché. Non seulement les actionnaires, petits ou grands, mais également les journalistes, les analystes, et les associations comme la nôtre, qui apportent l’information et permettent de mieux juger la valeur des titres cotés.

Quelles sont les attentes des petits porteurs vis-à-vis des autorités boursières de l’espace UEMOA ?

Pour commencer, nous souhaitons que davantage d’efforts soient entrepris dans la vulgarisation de la culture boursière, car il en va de l’intérêt de tous les partenaires économiques. Une économie saine a besoin de financement, et ce financement est apporté notamment par les actionnaires. D’autre part, les autorités doivent redoubler d’efforts pour faire coter encore plus de sociétés à la BRVM.

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Quels bénéfices les petits porteurs obtiennent-ils réellement en investissant leurs revenus à la BRVM ?

Les bénéfices des petits porteurs ont été impressionnants depuis la création de la BRVM en 1998. En effet, les indices ont triplé. Cela veut dire qu’en moyenne, le capital investi a été multiplié par 3. À cela, il faut ajouter les dividendes, c’est-à-dire le bénéfice que se partagent les actionnaires, qui est de l’ordre d’environ 3 % par an. Bon an, mal an, le gain de ces dernières années a été de 12 % par an, en incluant les plus-values et les dividendes. Il faut comparer cela aux 3,5 % que l’on obtient sur un carnet d’épargne.