Portrait

Alberto Olympio, des solutions SI pour l’Afrique

Formé par Microsoft, le fondateur et directeur d’Axxend Corporation a de grandes ambitions pour sa société et pour les entreprises africaines.

Crédits / Axxend

Axxend Corporation, la société qu’Alberto Olympio a fondée en 2010, est spécialisée dans la fourniture de services d’ingénierie informatique dédiés aux technologies de Microsoft. Et elle est surtout le partenaire privilégié du géant américain sur le continent. Pour autant, Alberto Olympio ne compte pas en rester là. « Aider les entreprises à augmenter leur chiffre d’affaires, afin que l’informatique ne soit plus un centre de coût, mais plutôt un outil de production de valeur », voilà son ambition. Depuis trois ans, il en est convaincu, le marché informatique de l’Afrique est à prendre. Et il a choisi d’aller à sa conquête.
Rien de plus normal pour ce Togolais issu de l’une des familles les plus emblématiques du pays. Alberto Olympio a développé depuis son jeune âge une passion pour les sciences et la technologie. Il va donc suivre la voie royale : école d’ingénieurs à Paris et études de management à la Harvard Business School. « Mon expérience professionnelle a commencé en France, où j’ai participé à des projets formateurs, notamment avec l’Aérospatiale et le CNES. » Il poursuit sa carrière aux Etats-Unis avec Microsoft Technology Service Group, en tant qu’architecte de systèmes d’information. Durant cette expérience, il parcourt les 50 Etats américains. Il vit d’hôtel en hôtel, n’a pas de vie de couple et encore moins l’opportunité de fonder une famille. Et, si ce travail de terrain lui plaît et qu’il améliore ses connaissances, il a les yeux tournés vers son Afrique natale.
Le pari de la création d’entreprise

Après quatorze ans de bons et loyaux services à Microsoft, il va tout quitter… ou presque. Comme s’il avait encore besoin de son mentor, il repart pour l’Afrique avec Avanade – une société créée par Microsoft et Accenture – et Microsoft Consulting Services (MCS). « Pendant plusieurs années, au sein de MCS, qui regroupe les consultants seniors de la compagnie, j’ai parcouru toute l’Afrique de l’Ouest et du Centre pour aider les entreprises et le secteur public à tirer le meilleur bénéfice de leur investissement en matière de technologie de l’information. » Sa responsabilité s’étendait à 19 pays.

Mais ce n’est pas suffisant pour Alberto Olympio : « Etre salarié dans une multinationale donne l’opportunité de participer à la création de richesse. Toutefois, lorsque l’on se lance dans la création d’entreprise, on décuple ce potentiel. » Le nouveau groupe Axxend est créé avec un capital de 2 millions de dollars sur fonds propres et 14 actionnaires. Ses bureaux sont installés à Dakar. La société axe sa stratégie sur les systèmes d’information (SI), en s’appuyant sur trois pôles majeurs. Un allié historique, Microsoft, pour tout ce qui relève de l’infrastructure IT, des solutions bureautiques, de gestion de contenus et de projets, de collaboration et de sécurité. Ensuite, un solide partenariat avec SAP, le leader mondial des solutions de gestion intégrée. Enfin, les télécoms et les services en ligne. La solidité du groupe va lui permettre de s’étendre rapidement dans le golfe de Guinée, à l’exception du Nigeria. Axxend propose aussi ses services en dehors de ses lieux d’implantation, dans une quinzaine de pays à ce jour, organisés en « clusters », des groupes de 5 à 6 nations. « Nous avons mis l’accent sur un créneau particulier, celui des entreprises et institutions qui recherchent des prestations avec des standards internationaux. Nous avons commencé avec des secteurs exigeants comme la banque et les télécoms. Puis avec toutes les industries et le secteur public. Avec notre offre “Cloud”, nous proposons désormais des solutions aux PME et PMI. »

Capitaliser sur l’avancée de l’Afrique

Alberto Olympio est optimiste sur le développement de l’informatique en Afrique. « La technologie de l’information est en plein frémissement, et dans certains créneaux tels que l’usage des terminaux mobiles pour les transactions financières, l’Afrique est à la pointe. Il s’agit maintenant de capitaliser sur cet élan, de mettre en place des infrastructures de transport d’information, la fibre optique par exemple, des législations qui boostent l’activité, et de permettre à nos entreprises et aux populations de s’ouvrir librement sur le monde de l’Internet. » Pour s’offrir les services d’Axxend, les sociétés clientes doivent débourser entre 600 et 900 euros par jour, selon le projet et sa durée. Le travail d’Axxend consiste à opérer une phase de transfert de compétence qui donne au client une prise en main effective de son environnement avec un consultant senior. Il bénéficie aussi d’un suivi de son dossier par un autre consultant sur une longue période.

La chaîne de vérification d’Axxend peut paraître exigeante, mais Alberto Olympio en a fait sa marque de fabrique. Les équipes sont composées d’ingénieurs seniors et juniors, évoluant dans un environnement de travail anglicisé. Ils bénéficient de formations régulières dans le cadre d’Axxend University, un vivier de compétences. Les salaires des juniors sont les plus hauts dans le secteur, avec près de 600 000 francs CFA brut et des bonus mensuels, trimestriels et annuels. « Depuis le début, la structure du capital s’articule autour des cadres africains de la diaspora. Cauris Management vient d’y faire son entrée. Le capital du groupe est aujourd’hui de 29 millions d’euros et son chiffre d’affaires est passé de 12 millions à 17 millions d’euros », explique fièrement Alberto Olympio. Il arme pourtant qu’il peut aller encore plus loin. « Notre activité a été jusque là du type B2B. Nous sommes en train d’étendre notre champ d’activité pour proposer des services de type B2C, c’est-à-dire offrir des prestations directement aux consommateurs. C’est un nouveau challenge. Nous développons des outils de gestion qui s’appuient sur les nouveaux terminaux comme les smartphones. » Une ambition presque dévorante qui lui laisse peu de temps pour sa famille. Mais c’est selon lui le prix de la réussite. Aujourd’hui, avec son épouse et son frère, qui travaillent tous deux à ses côtés, il a lancé la fondation Axxend, qui inscrit l’entreprise dans une orientation citoyenne. C’est dire combien l’indépendance vis-à-vis des géants occidentaux tant voulue par Alberto Olympio a fini par payer.