Le média de ceux qui font l'Afrique d'aujourd'hui et construisent celle de demain

Des villes pour accueillir 50 millions d’habitants

9751021-15730672
Aucun continent n’a jamais connu ça : 600 millions d’individus vont rejoindre les villes africaines ces prochaines décennies ! L’Afrique lusophone qui y réfléchit cherche à développer des partenariats pour maîtriser intelligemment sa croissance urbaine sur le long terme, en construisant une ville vivable pour ses habitants grâce à des outils numériques de planification.[mks_separator style=”solid” height=”1″]
D’abord cette perspective : « Il faudra construire des villes qui supporteront 50€millions d’habitants… », dit Etienne Giros, président du CIAN (Conseil français des investisseurs en Afrique). A Luanda, capitale de l’Angola, on est passé de 500 000€habitants dans les années 1970 à un million d’habitants en 1991, 5€millions€en 2002, et 7 millions aujourd’hui… Alors on y regarde de près. Et cette donnée qui revient€: « Quand la population d’un pays double, celle d’une ville quadruple. » Il y aura 50 à 100€villes « millionnaires » en habitants d’ici 2050. [mks_separator style=”blank” height=”1″]
UN MILLIARD DE CITADINS
A l’image d’un continent doublement milliardaire en habitants, dont 600€millions d’individus viendront grossir d’ici vingt-cinq ans les faubourgs des villes, constituant un milliard de citadins, Luanda commence à réfléchir pour savoir comment construire dès aujourd’hui la ville de demain.
Illustration en était donnée au Forum économique Europe-Afrique organisé notamment par le patronat angolais qui s’est arrêté en septembre à Porto, Milan, Madrid et Paris. L’objectif, tisser des partenariats, croiser les points de vue entre acteurs internationaux que sont collectivités locales, associations, sociétés civiles, partir des expériences des uns et des autres pour trouver des solutions à des questions qui n’ont pas eu de précédent dans l’histoire de la planète, questions qui concernent en premier lieu les capitales
mais aussi les villes moyennes de 100 000 à 200 000€ habitants qui vont elles aussi croître. Personne n’a pour l’instant les clés. L’escale parisienne se tenait sous l’égide de la fondation AfricaFrance, lancée en mars dernier par le banquier d’ałaires Lionel Zinsou (devenu dans l’intervalle Premier ministre du Bénin).[mks_separator style=”blank” height=”1″]
FLUX MIGRATOIRES
Comme en Europe, avec d’autres raisons cependant, les villes font face à des afflux migratoires importants. Ces personnes qui viennent des campagnes ou sont des réfugiés économiques et de guerre (Congolais en particulier en ce qui concerne l’Angola) vont redessiner les centres urbains, et poser des défis pour les transports, le logement, l’adduction d’eau potable, l’électricité, la gestion des ordures… Ce faisant, ces afflux marquent un tournant pour un continent dont la majeure partie de la population vit en zone rurale de ressources agricoles.[mks_separator style=”blank” height=”1″]
« RESPECTER LE GÉNIE DU LIEU »
Pour autant, hors de question de reproduire les modèles des mégalopoles américaines et asiatiques, car l’enjeu environnemental est dans les têtes, en écho du grand sommet international de la COP21 organisé à Paris et consacré au climat. « Il faut remettre l’homme au cœur du développement des villes et ne pas faire pareil qu’en Chine ou aux Etats-Unis, car cela réclamerait trois planètes ». De plus, il ne faut pas oublier, rappelle un participant, « les us et coutumes des hommes africains pour qui une maison est le lieu où vit la famille, il faut respecter le climat local, les traditions, le génie des lieux ». Alors, à quoi vont ressembler ces grandes métropoles africaines ? On parle beaucoup d’espaces de vie… Des solutions émergent du côté de la ville intelligente avec des incubateurs qui permettent, comme à Libreville, de faire travailler ensemble tous les acteurs en développant des plateformes numériques, qui modélisent en 3D l’intégralité de la ville, sous forme de logiciels de jeux vidéo pour gérer la mobilité, l’émission de carbone, fournissant des données clés en main aux décideurs. Ces doubles numériques permettent de planifier les politiques urbaines sur vingt ans et de gérer au mieux les coûts de la distribution d’énergie, par exemple, et de savoir selon la ville s’il vaut mieux des métros ou des tramways. [mks_separator style=”blank” height=”1″]
COÛT DU FONCIER
Demeurent les problèmes de zones informelles, de noyaux de pauvreté et d’insalubrité, de bidonvilles qui s’agglutinent aux périphéries et qu’il faut intégrer, de cadastre qui n’existe pas forcément, de moyens aussi, car, quand une ville européenne consacre 4 000 euros de son budget par habitant et par an en infrastructures, une ville africaine peut s’estimer riche quand cette manne est de 100 euros. Enfin, reste également la gestion d’un foncier très cher. Et sa conséquence directe : comment des populations à faibles ressources pourront accéder à des logements sociaux décents au meilleur rapport qualité-prix ? «  82 % des matériaux de construction sont importés en Angola, ce qui renchérit d’autant le coût de la construction », explique Francisco Viana, président de l’AELuanda (Association des entrepreneurs de Luanda), évoquant le million de logements qui commencent à sortir de terre dans son pays. Et avec quels moyens ? « De l’argent il y en a, dans les banques, dans la diaspora. Ce sont les projets qui manquent », estime Etienne Giros. « La première ressource des villes est l’emprunt, toujours accordé, car les banques savent que les villes peuvent toujours lever l’impôt. »
Autant d’éléments qui sont pour le moment sur la table. Ou comment penser à long terme dans l’urgence ce qui structurera l’existence de millions d’individus. Il faudra faire vite pourtant, car on estime à sept ans le temps en Afrique entre la naissance d’une idée et le premier coup de pioche.Publié en Février 2016

Partager l'article


Ne manquez aucun de nos articles.

Inscrivez-vous et recevez une alerte par email
à chaque article publié sur forbesafrique.com

Bonne lecture !

Offre découverte exceptionnelle et limitée

Notre numéro d'avril 2022 en version numérique 100% gratuite jusqu'au 25 mai 2022

L'offre expire dans