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Djibril Cissé, l’éclectique

L’Afrique en héritage

Si la musique l’a toujours accompagné et bercé— elle constituait même un véritable rituel pour se mettre en condition avant les matches— l’ex-international a longtemps préféré garder cette passion secrète pour ne pas interférer avec sa carrière sportive, s’exerçant à peaufiner ses sets entre deux séances d’entraînement ou faisant danser ses coéquipiers dans les vestiaires avec des sélections musicales imparables. Assurément éclectique, il s’imprègne en grandissant de styles variés, qui vont de ses racines africaines au funk, en passant par la pop, le hip-hop et bien sûr l’électro. L’identité musicale qu’il s’est forgée au fil des ans accorde cependant la part belle aux sonorités afro-house et trap, mélange de rythmiques percussives et de notes électro. « Je joue de tout, je suis open format. Mais la house et l’afro house sont très présentes dans mes mix… L’Afrique occupe une grande place dans ma vie et dans ma musique », rappelle cet influenceur assumé (plus d’un million de fans sur Instagram) qui, tout en vouant un profond respect aux « pères fondateurs » du genre (David Guetta, Bob Sinclar, DJ Abdel, Cut Killer, DJ Snake…), puise une bonne partie de son inspiration dans son continent d’origine, qu’il considère comme une matrice des arts et de la musique en particulier. « Tous les genres musicaux sont dérivés de l’afro. Que ce soit dans les rythmes, les sons utilisés. La question était de savoir à quel moment les gens allaient prendre conscience de l’influence et de l’importance de l’Afrique. Il semble que ce moment soit arrivé […]. Aujourd’hui, avec Burna Boy et tous ces artistes talentueux, l’Afrique se retrouve au premier plan de la scène musicale mondiale », se félicite DJ Tcheba, qui continue de creuser son sillon dans le monde du Djing, inspiré et porté par la nouvelle génération : Tony Romera, Vladimir Cauchemar ; Diplo —fondateur du label de musique house Higher Ground et membre du groupe américain Major Lazer—, avec lequel il entretient« une relation spéciale » et « qui [lui] a tendu la main à [ses] débuts [en sortant son] premier track ». Et, pour les influences africaines, les Major League DJz et l’afro-house chaleureuse et spirituelle de Black Coffee.

« Le lion ne meurt jamais, il dort… »

De quoi nourrir bien des projets pour l’avenir. « Dans un futur proche, je souhaiterais sortir des sons plus régulièrement. Des EP, des albums… Ensuite, prester et me produire sur de grosses scènes. Il y a pas mal de choses en perspectives et qui sont déjà prêtes… », mentionne, sibyllin, l’artiste en pleine ascension. Après les titres « Kiti » (produit par DJ Peet sous le label Higher Ground de Diplo, avec en featuring, la reine de l’afro-house africain Niniola), qui a dépassé le million de streams bien que sorti pendant le confinement, et « Oh My God » – un titre à quatre mains cosigné avec le DJ portugais Diego Miranda, auquel la chanteuse franco-nigériane Tome apporte une belle touche africaine –, édité par le label Smash The House en juin 2022, DJ Tcheba devrait bientôt passer à la vitesse supérieure : « Les discussions sont en cours pour une signature avec des majors et de gros producteurs, sachant que j’ai déjà un mini-album de prêt. Vous aurez la surprise… »

Pour celui dont la devise est « Le lion ne meurt jamais, il dort » (clin d’œil à cet état d’esprit conquérant, sa biographie, parue en octobre 2016, s’intitule « Un lion ne meurt jamais »), l’ambition va bien au-delà. « Être DJ, ce n’est pas suffisant, il faut produire. C’est pourquoi je m’entoure de grands et de bons. Moi, je vais coproduire et rester dans mon élément, c’est-à-dire à la direction artistique. Je gérerai la vibe et la couleur du son…. », détaille notre interlocuteur qui dit toujours « [aller] au bout de ses passions ». Mieux, il se donne les moyens d’atteindre son but. « Il faut bien s’entourer, prendre les bons conseils auprès des bonnes personnes, toujours rester ouvert à la critique, mais toujours faire et aller au bout de ce qu’on veut, même si échec il y a. Il est toujours mieux d’avoir essayé que de regretter ». Et de fait, Djibril Cissé n’aura jamais eu peur d’essayer. Amateur de mode et lui-même initiateur de marques de prêt-à-porter streetwear—Mr Le Noir, Nightmare of America—, il a défilé pour les plus grands créateurs, que ce soit Jean-Paul Gaultier en 2020 ou Marine Serre lors de la Fashion Week de juin 2022. « Être différent. C’est un moyen de communiquer, un moyen d’expression. Les matières, les couleurs…J’aime tout dans les vêtements, et ce, depuis toujours. C’est de famille… », affirme celui dont la trajectoire de footballeur a été façonnée par le modèle paternel — Mangué Cissé, ex-international ivoirien, qui défendit les couleurs des Éléphants au lendemain des indépendances — et celui de son frère Abou Cissé.

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