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EGAAD : Une locomotive égyptienne en faveur du développement de l’Afrique

Concrètement, comment le consortium fonctionne-t-il aujourd’hui ?

Notre activité a démarré en 2019. Aujourd’hui, malgré le fort ralentissement qui a été causé par la crise sanitaire. EGAAD est actif dans 8 pays africains, avec plus de 12 projets qui totalisent un investissement cumulé de 1.976 milliard de dollars et de nombreux nouveaux chantiers et partenariats en cours de discussion, notamment dans le secteur de l’énergie. Nous avons pour ambition de renforcer l’indépendance économique africaine, à travers le développement des infrastructures locales, et ainsi contribuer à la stabilisation durable des marchés africains. Un schéma d’entraide est imposé dans le cadre du développement de nos projets. Il prend la forme d’une collaboration entre nos entreprises membres, plusieurs PME égyptiennes sous-traitantes ainsi que des partenaires locaux.

Quels types de projets sont ciblés ? Et selon quelle feuille de route ?

Les projets sont variés : cela va du traitement de l’eau à la construction de routes, la transformation agricole, la transformation digitale, les énergies renouvelables, les mines ou encore le tourisme. Autant de secteurs stratégiques et de projets à fort impact. Nous travaillons essentiellement pour l‘Afrique parce que nous sommes convaincus que l’Afrique ne peut être construite que par les sociétés africaines. Nous nous appuyons également sur des modèles de triangulation, par exemple avec le Maroc, l’Afrique du Sud, la Tunisie, et les pays européens, entre autres. L’idée est de mutualiser les efforts. Les sociétés égyptiennes sont très fortes dans l’exécution. Il y a une vision du risque qui diffère des Européens, parce que nous avons des racines africaines très fortes et une présence historique.  En ce moment par exemple, nous travaillons sur la transformation agricole avec un ambitieux projet d’irrigation au Denguele, en Côte d’Ivoire. L’idée est de passer du système actuel, basé sur la récupération d’eau de pluie, à l’irrigation régulière avec un système rotatif, ce qui permettra de produire du riz sur six mois et alterner les productions, riz, maïs et soja, sur 50 000 ha. L’Afrique est potentiellement le grenier agricole du monde. Mais il faut accélérer la transformation agricole afin de créer une chaîne de valeur complète. Ceci vaut également pour le secteur minier. Il faut relocaliser les usines de transformation en Afrique et il est essentiel d’investir dans l’énergie, les routes et les formations, afin de ne pas être simplement l’usine du monde. C’est sur ces points clés que nous travaillons.

Sur le volet formation, comment participez-vous au transfert de compétence ? Recrutez-vous et formez-vous localement?

Nous avons adopté une règle : on ne peut appartenir au consortium que si l’on intègre 30% de contenu, main d’œuvre et produits locaux. Si on ne trouve pas de ressources locales, on travaille avec des partenaires du pays que l’on forme. De même, si les matériaux sont disponibles, on s’impose de les utiliser, quitte à amener les investissements pour les transformer. S’il y a du ciment mais pas d’usine, nous la créons, ce qui est par exemple le cas de notre usine de sidérurgie au Kenya. Au final, nous voulons créer de la richesse et du savoir-faire, comme nous l’avons fait en Egypte, et les partager à travers le continent.

Légende photo : Reda Boulos interrogé par des journalistes et s’exprimant aux côtés de Naguib Sawiris, patron du groupe Orascom TMT Investments.    Crédit-photo : DR

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