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Jérôme Hénique (Orange) : « Notre cœur de métier, c’est l’inclusion numérique »

Avec une présence dans 18 pays, près de 18 000 salariés et 144 millions de clients, Orange Middle East and Africa (OMEA) est l’un des principaux opérateurs télécoms d’Afrique et entend le rester, à travers une stratégie reposant sur trois axes : la force d’un grand groupe alliée à la flexibilité d’un opérateur de proximité, la bonne gouvernance, l’innovation. À la tête d’OMEA depuis le 1er juillet 2022, Jérôme Hénique, homme de terrain qui contribue depuis plus d’une décennie au développement d’Orange en Afrique, précise les ambitions du groupe.

Propos recueillis par Dounia Ben Mohamed


Forbes Afrique : Le groupe Orange a récemment connu un certain nombre de restructurations. Quel impact sur la zone Afrique et Moyen-Orient ? 

Jérôme Hénique : Depuis juillet, notre gouvernance a évolué, tout comme celle du Groupe Orange quelques mois auparavant : Christel Heydemann est désormais directrice générale du groupe Orange, et Jacques Aschenbroich, président du conseil d’administration. Au niveau de notre holding Orange Middle East and Africa (OMEA), nous avons également scindé notre gouvernance en deux : en tant que président du conseil d’administration, Alioune Ndiaye représente OMEA dans les relations avec les institutions et veille à la bonne gouvernance, qui fait d’ailleurs partie de nos atouts en Afrique. Quant à moi, je suis directeur général, chargé d’élaborer et d’exécuter notre stratégie sur le continent.
Après avoir été DG d’Orange Jordanie et DGA du groupe Sonatel, j’ai piloté, en tant que DGA et directeur des opérations d’OMEA, et avec l’ensemble de nos équipes, l’accélération de la croissance de la zone et la transformation des opérations, en structurant plus particulièrement les efforts de mutualisation entre les pays. Aujourd’hui, mon défi consiste à poursuivre dans cette dynamique, tout en développant les nouveaux services numériques qui vont définir notre avenir et ainsi conforter la position d’Orange sur ses marchés face aux nouveaux enjeux concurrentiels et d’environnement qui se présentent.

Le secteur des télécoms sur le continent est extrêmement concurrentiel. Comment maintenez-vous votre leadership dans cet environnement de plus en plus compétitif ? 

J. H. : Nous avons la chance d’exercer un métier qui contribue à l’inclusion des populations ; inclusion digitale, mais aussi financière et sociale. Au-delà de la l’essor de nos bases clientes, quatre grands domaines d’activité portent notre croissance : le premier, c’est l’internet mobile, avec 5 à 8 % de nouveaux clients chaque année. Le second, révélé par la pandémie, est l’internet haut débit fixe avec la fibre optique — un marché potentiel très important, car particulièrement adapté à l’environnement des villes africaines —, et que la 5 G devrait contribuer à développer encore davantage via le recours à des technologies radio complémentaires. Le troisième, c’est le segment du mobile money, à travers notre service Orange Money, qui compte 78 millions de clients. Un secteur certes très concurrentiel, mais qui nous stimule. Nous avons été attaqués sur un certain nombre de marchés sur une offre purement numérique, mais, forts de la connaissance des clients et de leurs attentes que nous avons développée en plus d’une décennie, nous avons su rebondir. Enfin, dernier moteur de croissance, le marché entreprises, en forte augmentation à l’heure où les économies africaines se structurent et présentent toutes des besoins de plus en plus spécifiques en matière de télécoms.

Quelles sont vos perspectives pour 2023 et au-delà : consolider les acquis ou attaquer de nouveaux marchés ?

J. H. : Notre cœur de métier, c’est l’inclusion numérique, et nous avons la chance de faire un travail à impact positif. Notre challenge pour les années à venir consistera à continuer de nous appuyer sur ces moteurs de croissance, tout en maintenant et en développant notre rôle d’inclusion, car l’un ne va pas sans l’autre. Nous nous sentons investis d’une responsabilité sociétale qui va bien au-delà de notre « simple » rôle d’opérateur télécom, et se traduit entre autres par notre impact sur l’environnement et notre engagement pour l’égalité numérique. La mise en place de structures comme les Orange Digital Centers (ODC), centres d’accompagnement et de développement des compétences numériques ouverts à tous, est un exemple concret de cet engagement.
Cette mission continuera de guider notre action, tout en nous permettant de transformer notre modèle pour le rendre plus agile, de mieux en mieux adapté aux réalités du terrain et aux besoins des populations.
Concernant les nouveaux marchés, nous nous intéressons aux grands bassins démographiques, ce n’est pas un secret, comme le Nigéria ou l’Éthiopie. Les conditions doivent cependant être réunies — à savoir le potentiel d’être n° 1 ou 2 comme dans chacun des pays où nous sommes présents — pour justifier notre niveau d’investissement, qui s’élève en moyenne à un milliard d’euros par an en Afrique et au Moyen-Orient. Pour continuer à investir, nous devons être en mesure de dégager des perspectives de rentabilité à moyen terme.

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