Enquête

Le retour d’Erik PRINCE

Dix ans après le scandale et le massacre qui ont vu Blackwater battre en retraite, le fondateur de la société militaire privée revient à la charge. Son but : privatiser et enrayer le conflit en Afghanistan. La récente réorganisation de la Maison-Blanche donne à son offensive de sérieuses chances d’aboutir.

Alors que le procureur spécial Robert Mueller s’intéresse de près à ses activités, Erik Prince décide d’organiser une collecte de fonds. Le 18 mars dernier, dans son immense ferme de Middleburg, en Virginie, plus d’une centaine de personnes sont réunies pour un après-midi de tir en soutien au congressiste Dana Rohrabacher. Cet ardent défenseur de Vladimir Poutine posséderait, selon le FBI, son propre nom de code au Kremlin. Au fil de la journée, devant les participants assemblés dans la grange se succéderont Oliver North, figure centrale du scandale Iran-Contra dans les années 1980 et Matt Gaetz, membre de la Chambre des représentants et adepte assidu des théories du complot sur l’existence d’un «État profond».

Aussi hétéroclite que fût cette foule, Erik Prince jouissait de la notoriété suffisante pour tous les
séduire. Le fondateur de Blackwater, l’armée privée tristement célèbre pour avoir perpétré un massacre en Iraq en 2007, au cours duquel ses mercenaires avaient abattu 14 civils non armés, avait fait profil bas depuis la vente de l’entreprise en 2010. Il n’en est pas resté les bras croisés pour autant. Depuis, il a mené divers projets aux quatre coins du monde, des Émirats arabes unis à la Somalie, en passant par Hong Kong.

 

Numéro 49, daté Juin 2018.

Pour lire l’intégralité de cet article, rendez-vous à la page 72 du numéro 49 Juin 2018