Editos et Chroniques La chronique de Nadia MENSAH-ACOGNY

LES MOTS !

Ils nous servent à communiquer, à exprimer nos pensées et nos sentiments, à transmettre nos émotions, à définir nos idées… Outils indispensables de toutes nos interactions, ressources précieuses dans notre existence, les mots règnent en maîtres sur nous. Nous les manions tantôt avec maladresse, tantôt avec dextérité. Nous les croisons, les fléchons et les «scrabblons» passionnément. Nous les inventons aussi, les faisant migrer d’une langue à l’autre par plaisir ou par commodité. Un vrai «casin», de l’italien «casino», pour dire un vrai bazar!

Les mots que nous utilisons pour parler de nous-mêmes et pour qualifier autrui ont de l’importance et un sens profond… Il y a ceux que nous brandissons telles des armes fatales pour porter des coups bas ou des coups de grâce à nos adversaires. Ces mots qui polluent notre bouche, notre langue, l’oreille de ceux qui les entendent et nos vies à tous. Des mots durs comme le roc, tranchants comme un couteau savamment aiguisé, parfois vicieux ou sournois comme une hyène, tantôt insaisissables et glissants comme l’anguille. Des mots laids qui nous laissent un goût amer dès que nous les prononçons.
Et puis il y a ceux que nous jetons comme un pont entre l’autre et nous. Des mots que nous chuchotons avec douceur comme une caresse. Les mots pleins de tendresse et d’amour pour réunir, rassembler, construire. Des mots dont la saveur agit comme un baume pour guérir les plaies de la vie. Des mots dont la gentillesse fait aussi la puissance. Des mots inoubliables qui peuvent illuminer une vie. Notre langage verbal n’a donc rien de banal. Son impact est violent, marquant, réconfortant, durable.
Combien d’entre nous se souviennent encore d’un mot, d’une phrase prononcée par un parent, un enseignant, un ami? Un seul mot ou une série de mots qui ont eu une conséquence sur notre parcours, notre mental, nos croyances? Qui nous ont inhibés ou galvanisés? Eh bien oui, chacun de nous peut faire son introspection et tirer ses conclusions personnelles. Attention à ne pas être trop sévère à votre égard.
Au passage, vous voudrez bien user de clémence et d’affection vis-à-vis de vous-mêmes. N’hésitez pas à vous gratifier de quelques compliments, cela fait un bien fou! Ensuite, prenez la résolution de faire de même pour votre entourage.
Faites-lui le don des mots doux et observez sa transformation. Parce que la bienveillance des mots provoque un changement profond chez les individus. Il commence par la gratitude, se poursuit par l’estime de soi et s’achève par la confiance en soi. Il en résulte un désir de plaire et de mieux faire qui booste la performance. Alors qu’importe si dans le passé, vous avez usé ou abusé de mots qui polluent et qui blessent. Vous serez excusé si désormais vous optez pour les mots qui guérissent et réparent. Quoi que vous fassiez, veillez à ne pas transformer vos mots en maux.