Editos et Chroniques La chronique de Nadia MENSAH-ACOGNY

LET’S DANCE !

David Bowie nous y incite, et j’avoue que je suis une fervente adepte de la piste de danse. «Secouer le corps», surtout sur un air un peu entraînant, j’appelle cela «mon cardio» parce que le résultat est pareil : faire monter le taux d’adrénaline en travaillant tous les muscles du corps, brûler les graisses et les calories et augmenter le taux de sérotonine. Bref, du bonheur en barre, alors pourquoi s’en priver? Comme je suis éclectique, je ne fais pas de ségrégation pour la musique. Toutefois, question ambiance, il n’y a pas photo avec le trio afrobeat-kizomba-salsa!

Depuis ma plus tendre enfance, je danse, donc je vis. Ni le cumul des années, ni les cheveux grisonnants, ni la vie professionnelle n’y peuvent rien! C’est sûrement la faute de mon sang africain puisque, comme chacun le sait, les Africains ont la danse dans le sang. Même dans la misère la plus totale, ils chantent et dansent partout, chez eux, dans la rue… Une vraie bande d’inconscients! Combien de fois n’avons-nous pas entendu cette thèse? Les gens sérieux ne dansent pas, ils discutent boulot, un verre à la main dans les soirées. Sauf les femmes. Elles finissent toujours par succomber aux charmes de la musique. Sauf que de nombreux Africains ont «deux pieds gauches», c’est-à-dire qu’ils ne savent pas danser. Mieux, les dernières trouvailles des neurosciences nous annoncent que la musique stimule le cerveau et nous rend beaucoup moins inhibés, plus confiants et plus performants. La cerise sur le gâteau? En fait, danser nous rend plus intelligents! Et toc!
Je le savais intuitivement, je ressentais intimement dans chaque fibre de mon corps que mon addiction à la danse avait quelque chose de résolument positif. Donc mes nuits d’étudiante à me trémousser au Keur Samba à Paris ou à l’Aldo à Dakar ont partiellement contribué à la réussite de mes études, en complément d’un savant dosage d’assiduité aux cours et de révisions. Danser vaut bien un Guronsan. Désormais, on met la danse à toutes les sauces et elle devient le thème de conférences on ne peut plus sérieuses. On préconise de danser une heure par jour pour une bonne santé physique et mentale : c’est scientifique, voyezvous… Vous en reprendrez bien un petit quart d’heure?
Les Africains, eux, l’avaient compris depuis des temps immémoriaux… Préservons nos traditions et nos valeurs héritées de nos ancêtres. Nous les malmenons et les sacrifions trop souvent sur l’autel de la modernité. Dansons avec plaisir pour faire monter en nous la joie de vivre. Dansons en convivialité et laissons éclore nos «phases». Autorisons notre corps à s’exprimer, à partager et à se libérer du carcan de nos conformismes. Inspirons-nous des protagonistes de ces photos de studios des années 1950. Dansons élégamment et respectueusement. Dansons pour transmettre et créer un pont entre les générations. Let’s dance!