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Lucia Bakulumpagi-Wamala, étoile montante de l’énergie  renouvelable en Ouganda

Voguant sur les opportunités offertes par les énergies renouvelables sur le continent, Lucia BakulumpagiWamala émerge comme l’une des figures de proue dans ce secteur en Ouganda. Portrait d’une jeune femme audacieuse qui veut faire bouger les lignes dans les énergies propres en Afrique de l’Est. 

Née au Kenya de parents réfugiés ougandais, Lucia Bakulumpagi-Wamala a grandi au Canada. Diplômée en sciences sociales, elle a fondé en 2015 sa propre entreprise, Bakulu Power, en Ouganda.

Lorsqu’on décolle de l’aéroport d’Entebbe, on ne peut s’empêcher de remarquer l’obscurité soudaine qui  apparaît en quittant la piste. Pourtant, au milieu de cette pénombre, des milliers de personnes vivent sur différentes îles au large des côtes ougandaises sur le  lac Victoria. La raison : «‑seulement 6‑% de  la population rurale a un accès à l’électricité‑», explique Lucia Bakulumpagi-Wamala,  qui aspire à changer cette réalité avec  sa société, Bakulu Power.

TROUVER UNE SOLUTION CONTRE L’ABONDANCE DE DÉCHETS

Tout commence il y a sept ans alors  qu’elle rend visite à des membres de sa famille à Gayaza, une ville de quelques milliers d’âmes située dans le centre du pays. «‑C’est en remarquant l’abondance de déchets dans les rues de cette bourgade, expliquet-elle, que m’est venue l’idée d’essayer de trouver une solution.‑» Sa curiosité l’amène à se tourner vers les énergies renouvelables, un domaine dans lequel elle ne possède pourtant que de vagues connaissances.  «‑Je me souviens qu’en partageant mon idée avec deux directeurs actifs dans l’énergie, ceux-ci considéraient ma naïveté comme un élément très positif, car si j’avais eu une idée précise de la montagne de problèmes à résoudre, je ne m’y serais pas aventurée‑», admet-elle. Tout le monde n’est cependant pas de cet avis. Lucia mentionne que, durant certaines rencontres, des personnes ont littéralement ri lorsqu’elle exposait ses  idées pour sa future entreprise. Des situations qui lui ont appris qu’il fallait savoir serrer les dents et aller de l’avant. Et malgré cette situation paradoxale, elle persévère et développe ses connaissances pour peaufiner son projet. Durant cette période d’instruction où Lucia met un  enfant au monde, elle apprend que l’une  des facettes de l’entrepreneuriat est de  savoir suivre son cœur, d’apprendre ce  que l’on peut tout en restant ouvert  et ne jamais croire que l’on sait tout,  confie-t-elle avec sagesse.

UNE VISION QUI DEVIENT RÉALITÉ

En novembre 2015, après de longs mois passés à étudier, naît la conviction que «‑l’énergie est l’élément préalable et indispensable à toute volonté de développement économique‑», expliquet-elle. Bakulu Power voit le jour grâce à ses économies et au soutien de sa famille. L’entreprise se focalise rapidement sur la conception, l’installation et l’exploitation d’infrastructures basées sur l’énergie solaire. Elle décide aussi de recruter de jeunes travailleurs locaux, dans de multiples domaines d’expertise, allant de l’ingénierie à la sociologie. Pourquoi des sociologues? Car selon elle l’accès à l’électricité est un sujet très complexe qui demande la résolution  de problèmes multidimensionnels à travers une approche holistique. Une démarche  qui a permis à sa jeune compagnie de s’investir dans plusieurs projets d’envergure.

Edition Sept Oct 2018

Pour lire l’intégralité de cet article, rendez-vous à la page 30 du numéro 51 Sept Oct 2018, en vente ICI.