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Maxime Servettaz « Nous souhaitons créer le PayPal africain »

L’éclosion de l’écosystème de la fintech au Kenya attire les talents du monde entier. Parmi eux, Maxime Servettaz, CEO d’Asilimia, et son associé Tekwane Mendwa, cofondateurs de l’entreprise, souhaitent tirer leur épingle du jeu dans un secteur de plus en plus prisé par les entrepreneurs implantés dans le pays. 

Maxime Servettaz et l’équipe d’Asilimia ont de grandes ambitions pour la start-up francokényane lancée en janvier 2018.

Dans le quartier de Westlands de Nairobi, les commerçants s’affairent depuis le petit matin. Dès potron-minet, l’odeur des épices côtoie les sonorités des mots prononcés haut et fort dans les allées du marché. Outre les badauds et autres acheteurs et revendeurs, on y croise aussi des hommes aux tee-shirts jaunes où il est inscrit «­Asilimia­» – qui signifie «­pourcentage­» en swahili. «­C’est ici qu’on trouve notre cible d’utilisateurs, explique Maxime Servettaz, cofondateur d’Asilimia. 150 millions de petits commerçants en Afrique n’ont pas accès aux services financiers pour le développement de leurs affaires.­»
L’accès difficile aux instruments financiers permettant le développement de leurs petites entreprises explique partiellement les difficultés qu’ils ont pour formaliser leurs activités. «­Les contraintes sont nombreuses. S’ils pouvaient accéder aux instruments de prêts bancaires, ils pourraient s’acheter un local ou même payer une assurance pour se couvrir durant leur activité professionnelle­», développe le CEO. Dans un pays où près de 30­% de la population exerce une activité entrepreneuriale, selon les sources émanant des autorités kényanes, ce genre de services profite essentiellement aux entrepreneurs les moins aisés financièrement. «­Parmi notre clientèle, on retrouve des femmes âgées de 40 ans, avec cinq enfants, qui vendent du poisson au marché, ce qui leur permet de percevoir un salaire de 300 euros en moyenne chaque mois. Afin de contribuer à leur développement, nous leur proposons une assurance qui couvre l’hospitalisation pour les courts séjours­», indique Maxime Servettaz.

DANS LES PAS DE M-PESA?

Mais Asilimia compte aussi toucher d’autres secteurs économiques kényans. «­Notre objectif est d’être en quelque sorte le PayPal de l’Afrique. On doit pouvoir tout payer à partir de notre plateforme dans les prochaines années, du produit d’assurance jusqu’à un bien quelconque de consommation­», explique Tekwane Mendwa, l’autre cofondateur d’Asilimia.
L’entreprise compte sept collaborateurs, mais souhaite doubler son effectif d’ici à trois ans. «Nous avons lancé la société en janvier 2018 et nous venons d’être incubés à Station F à Paris. Et nous avons démarré une levée de fonds qui devrait…

Pour lire l’intégralité de cet article, rendez-vous pages 26-27 du numéro 59 Juillet-Août 2019, en vente ICI.