Portrait

Solide comme « The Rock »

Dwayne Johnson est aujourd’hui l’acteur le mieux payé de Hollywood. Avec sa nouvelle casquette d’homme-sandwich, il a trouvé la formule gagnante pour encaisser encore plus de millions. 

© MICHAEL PRINCE

Sa puissante mâchoire contractée, les yeux plissés, Dwayne Johnson porte son regard vers l’horizon. Une goutte de sueur perle au front de l’acteur, qui rejette la tête en arrière avant de rire à gorge déployée. Par cette journée d’été, la chaleur est étouffante à Atlanta, où «The Rock» accomplit sur le plateau ce que The Rock fait de mieux. Lèvres humectées, il lance ses répliques avec panache et roule des mécaniques, avant de glisser hors champ sa silhouette herculéenne d’un bon mètre quatre-vingt-quinze. La star de 46 ans est plus que jamais sous les feux des projecteurs. Ces dix dernières années, l’ex-catcheur professionnel a su tirer profit de son charme rémanent – ce qui l’amène même à envisager, en plaisantant à moitié, de se présenter à la Maison-Blanche – pour devenir la star la plus bankable de Hollywood. Ses cachets d’acteur pour l’année écoulée – l’essentiel de son pactole de 124 millions de dollars – sont les plus importants relevés par Forbes depuis vingt ans dans le classement des «Celebrity 100», et l’artiste a quasiment doublé sa cagnotte par rapport à 2017 (65 millions de dollars). «L’important, c’est de créer du contenu pour le monde entier», explique l’acteur, assis dans sa caravane climatisée, vêtu d’un jean et d’une chemise bleue à pois. Autrement dit, être omniprésent. Via une avalanche de films et sa série Ballers, qui cartonne sur HBO, mais aussi grâce à une stratégies 2.0. des mieux ficelées. Sur Instagram, pour stimuler ses 108 millions d’abonnés, il publie des vidéos tournées à l’iPhone, souvent depuis sa salle de sport itinérante. D’autres publications – qui ciblent un vivier additionnel de 13 millions d’abonnés sur Twitter et 58 millions sur Facebook – présentent des bandes-annonces de films, montrent l’acteur dans des réunions ou célèbrent la pile de pancakes qu’il engloutit lors de son «jour de relâche». Toutes arborent une profusion de hashtags et recueillent  des millions de «J’aime».

UN CACHET DÉDIÉ À LA PROMOTION SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

L’acteur a mis au point un stratagème inédit pour monnayer cette notoriété en ligne. Outre ses cachets colossaux de 20 millions de dollars par opus et un pourcentage sur les recettes des films – à commencer par Skyscraper, sorti en juillet, dans lequel il interprète un chef du commando de libération des otages du FBI –, il exigerait un à-côté d’environ un million de dollars pour promouvoir ses films sur les réseaux sociaux. En un mot, au lieu de financer à grands  frais pubs télé et panneaux d’affichage,  les studios se contentent de recycler leur  tête d’affiche en homme-sandwich. Pour l’ancien catcheur, les médias  sociaux sont un must pour la promotion d’un film. «Sur les réseaux sociaux, j’ai bâti un capital de marque, avec une communauté mondiale à laquelle je propose un contenu  qui a de la valeur», explique-t-il. Dwayne Johnson se plie malgré tout au marathon des talk-shows, aux tournées médiatiques et autres obligations promotionnelles dévolues aux stars. Mais en estimant que les médias sociaux constituent un canal à part entière, qui réclamerait une rémunération distincte, Dwayne Johnson tente de créer un précédent à Hollywood. Dans le cas «The Rock», les studios semblent avoir consenti au marché : pour

Edition Sept Oct 2018

Pour lire l’intégralité de cet article, rendez-vous à la page 65 du numéro 51 Sept Oct 2018, en vente ICI.