L’homme d’affaires sud-africain a financé à lui seul plus de la moitié des dons privés de l’Alliance démocratique (DA), avec 55 millions de rands versés en trois mois à l’approche des élections municipales.
Dévoilés dans le rapport trimestriel publié par la Commission électorale d’Afrique du Sud (IEC), ces dons ont été effectués via deux sociétés d’investissement contrôlées par le financier sud-africain : Fynbos Ekwiteit, qui a versé 30 millions de rands (1,88 million de dollars) — le plafond annuel autorisé pour un donateur — et Fynbos Kapitaal, qui a ajouté 25 millions de rands (1,56 million de dollars). À eux seuls, ces versements représentent près de 47 % de tous les financements politiques déclarés en Afrique du Sud durant le trimestre. Fondée en 2001 à Stellenbosch, Capitec s’est imposée comme la première banque sud-africaine en nombre de clients en démocratisant l’accès aux services bancaires pour les ménages modestes. Michiel Le Roux, qui a quitté la présidence du groupe en 2019 tout en restant un actionnaire majeur, figure aujourd’hui parmi les plus grandes fortunes du pays.
Le financement record de l’Alliance démocratique intervient à un moment charnière de la politique sud-africaine. Principal parti d’opposition pendant trois décennies, l’Alliance démocratique est désormais un pilier du gouvernement d’unité nationale formé avec l’ANC après les élections historiques de 2024, qui ont privé le parti de Nelson Mandela de sa majorité absolue pour la première fois depuis la fin de l’apartheid. Réputée pour sa gestion du Cap-Occidental et de la ville du Cap, l’Alliance démocratique cherche désormais à élargir son influence nationale, même si elle peine encore à convaincre une majorité d’électeurs noirs, dont une partie continue de la percevoir comme un parti historiquement associé à la minorité blanche. Au-delà du montant record, cette séquence relance le débat sur l’influence des grandes fortunes dans la vie démocratique, et ce, bien au-delà du cas sud-africain. Les travaux du World Inequality Lab soulignent ainsi que la concentration des patrimoines tend à s’accompagner d’une concentration du pouvoir politique, le financement des partis constituant l’un des principaux leviers d’influence aux côtés des médias et du lobbying.

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