Pour la première fois de son histoire, l’Afrique alignera 10 nations à une Coupe du monde. Un contingent record qui nourrit un rêve longtemps jugé inaccessible : voir enfin une sélection du continent jouer le titre suprême. Mais quelles équipes possèdent réellement les armes pour créer l’exploit au Mondial 2026 ? Passage en revue, sélection par sélection, des forces en présence et de leurs chances réelles de créer l’exploit.
Par Régis Pangou
1. Maroc : Le Favori Africain
Faits d’armes : Demi-finaliste historique de la Coupe du monde 2022, premier pays africain et arabe à atteindre ce niveau. Les Lions de l’Atlas arrivent au Mondial 2026 comme la nation africaine la mieux classée à la FIFA (7e mondiale), derrière les grandes puissances européennes et sud-américaines.
Pourquoi y croire ? Sur le papier, le Maroc coche presque toutes les cases. Il est la meilleure équipe africaine selon le classement FIFA, sa qualification a été maîtrisée avec une attaque prolifique (22 buts inscrits en huit matches) et seuls deux buts ont été encaissés lors des éliminatoires. Last but not least, le groupe dispose d’un solide noyau de joueurs aguerris aux plus grands championnats européens. Ce qui peut faire dérailler le rêve : L’effet de surprise n’existe plus. Après l’épopée de Doha, le Maroc sera attendu et étudié par tous ses adversaires.
Verdict de la rédaction de Forbes Afrique : Quart de finale possible, voire demi-finale. Le Maroc reste la meilleure chance africaine crédible d’un parcours historique.
2. Sénégal : La Puissance Mature
Faits d’armes : Quart de finaliste en 2002, champion d’Afrique en 2022, huitième de finaliste au Qatar. Pourquoi y croire ? Le Sénégal demeure l’une des sélections les plus équilibrées du continent. Les Lions de la Teranga ont survolé leur campagne qualificative, terminant invaincus avec une défense quasi hermétique (3 buts encaissés en 10 matches). Leur expérience collective constitue un atout rare côté africain. Ce qui peut faire dérailler le rêve : Une transition générationnelle se profile, avec plusieurs cadres vieillissants et une dépendance persistante à certaines individualités. Verdict de la rédaction de Forbes Afrique : Un outsider crédible pour un quart de finale.
3. Algérie : Les Fennecs de Retour au Premier Plan
Faits d’armes : Huitième de finaliste en 2014 après avoir poussé l’Allemagne, future championne, jusqu’en prolongation. Pourquoi y croire ? L’Algérie version 2026 semble avoir retrouvé son équilibre. Sous Vladimir Petkovic, les Fennecs ont retrouvé une dynamique positive, avec un spectaculaire redressement sportif et un retour dans le top 30 mondial. Leur football technique et offensif peut déstabiliser n’importe quelle sélection. Ce qui peut faire dérailler le rêve : Une irrégularité historique dans les grandes compétitions, entre euphorie et désillusions. Verdict de la rédaction de Forbes Afrique : Huitième ou quart de finale envisageable.
4. Côte d’Ivoire : La Muraille Défensive du Continent
Faits d’armes : Double championne d’Afrique et vainqueuse héroïque de la CAN 2024. Pourquoi y croire ? S’il fallait désigner l’équipe africaine la plus solide défensivement lors des qualifications, les Éléphants seraient parmi les favoris : la Côte d’Ivoire fait partie des rares sélections à avoir terminé leur campagne sans encaisser le moindre but, preuve d’une rigueur collective retrouvée. Une base défensive souvent indispensable dans les grands tournois. Ce qui peut faire dérailler le rêve : Une équipe parfois émotionnelle, capable d’enchaîner des performances irrégulières selon les contextes. Verdict de la rédaction de Forbes Afrique : Outsider dangereux. Un quart de finale n’a rien d’irréaliste.
5. Égypte : Le Géant Continental en Quête de Confirmation Mondiale
Faits d’armes : Sept CAN remportées, un record absolu en Afrique. Pourquoi y croire ? L’Égypte reste une machine de compétition. Les Pharaons ont traversé leurs qualifications avec sérieux, mêlant pragmatisme tactique et expérience internationale. Historiquement, peu de nations africaines possèdent une telle culture de la gagne. Ce qui peut faire dérailler le rêve : Une difficulté persistante à transformer leur domination continentale en performances mondiales. Verdict de la rédaction de Forbes Afrique : Huitième de finale réaliste.
6. Tunisie : La Discipline Avant Tout
Faits d’armes : Présence régulière au Mondial et victoire remarquée face à la France en 2022. Pourquoi y croire ? Peu d’équipes africaines affichent une telle solidité défensive : la Tunisie a réussi l’exploit de conclure les qualifications sans encaisser le moindre but en dix rencontres. Une statistique exceptionnelle qui pourrait peser dans un tournoi où les différences se jouent parfois sur un détail. Ce qui peut faire dérailler le rêve : Un manque de créativité offensive qui limite souvent le plafond de verre tunisien. Verdict de la rédaction de Forbes Afrique : Qualification en huitième possible, mais plafond rapidement atteint.µ
7. Ghana : L’éternel Revenant
Faits d’armes : Quart de finaliste en 2010, à un penalty transformé d’une demi-finale historique. Pourquoi y croire ? Les Black Stars possèdent une culture du Mondial rare en Afrique. Le Ghana a souvent su transcender les attentes lorsque peu d’observateurs misaient sur lui. Ce qui peut faire dérailler le rêve : Une instabilité sportive récente et un effectif jugé moins impressionnant que celui des générations précédentes. Verdict de la rédaction de Forbes Afrique : Huitième de finale possible, miracle requis au-delà.
8. Afrique du Sud : L’équipe la Moins Expérimentée
Faits d’armes : Premier pays africain organisateur d’une Coupe du monde en 2010. Pourquoi y croire ? Les Bafana Bafana reviennent avec un collectif structuré et une dynamique positive. L’absence de pression pourrait paradoxalement les libérer. Ce qui peut faire dérailler le rêve : L’expérience. L’Afrique du Sud figure parmi les sélections les moins aguerries du tournoi sur le plan international, avec un faible volume cumulé de sélections au sein de l’effectif. Un vrai handicap dans les matches à haute intensité. Verdict de la rédaction de Forbes Afrique : Sortir des groupes serait déjà une performance notable.
9. Cap-Vert : L’invité Surprise
Faits d’armes : Première qualification historique pour un Mondial. Pourquoi y croire ? Le Cap-Vert arrive sans pression et avec une réputation grandissante de sélection difficile à manœuvrer. Son collectif discipliné pourrait créer la surprise dans une phase de groupes. Ce qui peut faire dérailler le rêve : Une profondeur d’effectif limitée et un déficit d’expérience mondiale. Verdict de la rédaction de Forbes Afrique : Belle surprise potentielle, mais miracle requis pour dépasser les groupes.
10. RDC : L’outsider Imprévisible
Faits d’armes : Retour historique sur la scène mondiale après des décennies d’absence. Pourquoi y croire ? La RDC bénéficie d’une génération ambitieuse, composée de joueurs évoluant dans plusieurs grands championnats européens. Athlétiques et enthousiastes, les Léopards pourraient être l’équipe surprise du continent. Ce qui peut faire dérailler le rêve : Le manque de vécu collectif au plus haut niveau international. Verdict de la rédaction de Forbes Afrique : Outsider imprévisible. Peut surprendre, mais le quart semble encore prématuré.

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