La plateforme d’échange de cryptomonnaies a annoncé, dimanche 1er novembre, la reprise progressive des retraits à ses utilisateurs, temporairement suspendus à la suite d’une cyberattaque d’une ampleur record, estimée à 6,3 milliards de dollars.
Binance a confirmé, jeudi 29 octobre, avoir été victime de la plus grosse cyberattaque jamais enregistrée dans le secteur. Depuis, la première plateforme mondiale d’échange de cryptomonnaies a annoncé dans la journée du 1er novembre la reprise progressive des retraits. « La première série de retraits (…) est désormais ouverte sur le réseau Bitcoin », a indiqué l’entreprise dans un message sur son compte X, tout en avertissant que « les utilisateurs peuvent subir des retards temporaires ou des temps de traitement plus longs en raison du volume de trafic ».
Le plus grand vol de cryptomonnaies jamais enregistré
L’attaque a eu lieu dans la soirée du 29 octobre. Au total, plus de 6,3 milliards de dollars ont été sortis de portefeuilles de la plateforme fondée en 2017 par le sino-canadien Changpeng Zhao (CZ). Le précédent record, le piratage de la plateforme Bybit, remontait à février 2025 et portait sur 1,5 milliard de dollars. Les enquêteurs américains du Bureau fédéral d’enquêtes (FBI) attribuent pour leur part cette cyberattaque d’une ampleur inédite au groupe de pirates informatiques nord-coréens TraderTraitor, unité nord-coréenne liée au groupe Lazarus, déjà désignée par le FBI dans la cyberattaque contre Bybit. Selon le FBI, les auteurs du vol avaient commencé à convertir les fonds dérobés en ether, la cryptomonnaie native du réseau Ethereum. L’agence fédérale américaine dit par ailleurs s’attendre à ce que « ces actifs soient ensuite davantage blanchis », par le biais notamment des « échanges instantanés », une méthode permettant de convertir rapidement une cryptomonnaie en une autre sans recourir à un établissement bancaire. Le co-PDG de Binance, Richard Teng, a de son côté reconnu « une attaque complexe ». Dans la foulée du piratage commis sur Binance, le bitcoin a reculé sous les 78 000 dollars vendredi. En Afrique, où Binance sert à investir, épargner et transférer des fonds, l’incident pourrait entamer la confiance des utilisateurs. L’attaque relance en tous les cas le débat sur la sécurité des plateformes centralisées, qui détiennent les actifs de leurs clients, alors que le secteur cherche à rassurer investisseurs institutionnels et régulateurs.

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