Le Gabon signe un retour remarqué sur les marchés internationaux de capitaux. Le 30 juillet, le pays a bouclé avec succès une émission d’euro-obligations de 920 millions de dollars, soit un montant nettement supérieur à l’objectif initial de 750 millions de dollars.
Confirmée dans un communiqué ce jeudi 30 juillet par le ministère gabonais de l’Économie et des Finances, cette opération obligataire a été émise avec un coupon de 9,375 %, une maturité de sept ans et un différé d’amortissement de trois ans, soit une échéance en 2033. Selon le gouvernement gabonais, la demande des investisseurs a dépassé le milliard de dollars, permettant au pays d’augmenter le montant finalement levé de 170 millions de dollars par rapport à son objectif initial.
Dans le détail, le ministère gabonais de l’Économie et des Finances précise, dans le communiqué précité, que « les ressources mobilisées serviront à financer des projets d’investissement publics ainsi qu’à apurer une partie des arriérés de l’État », conformément aux orientations de la loi de finances rectificative de 2026. Les autorités du pays mettent également en avant l’efficacité du road-show réalisé en amont auprès des investisseurs institutionnels internationaux et qui aurait contribué au succès de l’opération.
Le grand retour du Gabon sur les marchés internationaux
Cette émission revêt une portée symbolique importante pour Libreville. Elle intervient dans un contexte où le Gabon cherche à restaurer durablement sa crédibilité financière après les tensions intervenues sur sa dette extérieure au cours de la transition politique de 2023. Le retour sur le marché était d’autant plus attendu que le projet de loi de finances rectificative envisageait initialement une levée pouvant atteindre 1,5 milliard de dollars. De ce point de vue, l’opération finalement réalisée, plus modeste, traduit une approche prudente tout en confirmant la réouverture de l’accès du Gabon aux investisseurs internationaux.
Au sein de la CEMAC, cette transaction s’inscrit dans une reprise des émissions souveraines en devises. Après le Cameroun, qui a levé 750 millions de dollars en janvier, puis la République du Congo, qui a mobilisé 850 millions de dollars en mai, le Gabon devient le troisième État de la sous-région à solliciter les marchés internationaux cette année. Avec un coupon de 9,375 %, il obtient un coût de financement légèrement inférieur à celui du Congo (9,5 %) et à celui affiché par le Cameroun lors de son émission (10,125 % avant couverture de change), signe que les investisseurs restent disposés à financer les signatures africaines, à condition que les perspectives budgétaires et les réformes demeurent crédibles.

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