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Kenya : Aliko Dangote lance le chantier de sa seconde méga-raffinerie

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Le groupe nigérian Dangote a officiellement lancé, le 30 septembre, les travaux de sa nouvelle raffinerie à Lamu, sur la côte kényane. Avec une capacité prévue de 700 000 barils par jour et un investissement annoncé de 16 milliards de dollars, le projet ambitionne de transformer l’équilibre énergétique de l’Afrique de l’Est.


Le complexe énergétique, dont la mise en service est attendue dans environ 40 mois, doit produire notamment de l’essence, du diesel et du carburant d’aviation, mais également du polypropylène ainsi que d’autres produits pétrochimiques. Une centrale électrique d’une capacité de 1 000 MW est également prévue.

Pour Aliko Dangote, déjà à l’origine de la méga-raffinerie de Lekki, située non loin de Lagos (Nigeria), l’objectif dépasse le seul marché kényan. Le groupe entend en effet approvisionner plusieurs pays d’Afrique de l’Est, parmi lesquels l’Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda, l’Éthiopie, le Soudan du Sud, la RDC et la Zambie. Le site de Lamu doit ainsi devenir une plateforme régionale de raffinage et d’exportation, bénéficiant de l’accès en eaux profondes du port de Lamu.


Un projet qui pourrait générer jusqu’à 60 000 emplois

Le projet répond surtout à une dépendance structurelle de la région. Le Kenya importe actuellement la totalité de ses produits pétroliers raffinés depuis la fermeture de sa raffinerie de Mombasa en 2013. La nouvelle installation pourrait donc réduire la facture d’importation et la pression sur les réserves en devises des économies régionales. Le chantier doit également mobiliser un important écosystème industriel. Plus de 110 équipements étaient déjà présents sur le site au moment du lancement, tandis que 400 autres doivent être acheminés dans les prochains mois. Le gouvernement kényan estime pour sa part que le projet pourrait générer jusqu’à 60 000 emplois directs et indirects. Reste un obstacle juridique et environnemental. La structuration financière n’est pas finalisée, aucune consultation publique n’a eu lieu et la localisation exacte de la raffinerie reste floue. Une centaine d’habitants de Lamu ont saisi la justice, estimant que leurs terres ancestrales sont visées et dénonçant des garanties insuffisantes en matière de compensation et d’impact environnemental. Un tribunal a ordonné le maintien du statu quo dans l’attente d’une nouvelle audience. Le président kényan William Ruto, qui se représentera en 2027, a de son côté promis sur ces questions « respect de la loi et équité ».



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