Tout juste publié, le classement Forbes America’s Richest Self-Made Women réunit 43 femmes milliardaires « self-made » vivant aux États-Unis. Parmi elles, plusieurs afro-descendantes se distinguent, dont la Barbadienne Rihanna. Focus sur les cinq plus riches du palmarès.
Par Rémi Kolsa
1. Oprah Winfrey
Icône des médias américains, Oprah Winfrey figure aujourd’hui parmi les femmes les plus influentes au monde. Pourtant, rien ne semblait la destiner à un tel parcours. Née en 1954 dans une famille modeste du Mississippi rural, elle grandit dans un environnement instable, marqué par les difficultés financières, les abus et de fréquents changements de foyer. Très tôt, l’école devient pour elle un refuge, tandis que son éloquence révèle un talent évident pour la prise de parole. Repérée dès son plus jeune âge dans les médias locaux, elle débute à la radio avant de rejoindre la télévision et de s’imposer progressivement comme présentatrice. Le tournant décisif survient lorsqu’elle reprend un talk-show local qu’elle transforme en succès national : The Oprah Winfrey Show. En prenant le contrôle de la production de l’émission, Oprah Winfrey ne se contente plus d’incarner une marque : elle en devient propriétaire. Télévision, édition, cinéma, investissements… elle bâtit progressivement un empire médiatique mondial. Avec une fortune estimée à plus de 3 milliards de dollars, Oprah Winfrey demeure l’un des symboles les plus puissants de la réussite « self-made ».
2. Sheila Johnson
Moins médiatisée que certaines célébrités du classement, Sheila Johnson est pourtant une pionnière du capitalisme afro-américain moderne. Passionnée de musique et d’arts, elle développe tôt une sensibilité entrepreneuriale nourrie par l’idée qu’il existe des marchés ignorés par les acteurs dominants. Dans les années 1980, elle cofonde avec son ex-mari Robert Johnson BET (Black Entertainment Television), première chaîne câblée spécifiquement destinée au public afro-américain. À une époque où les communautés noires restent largement sous-représentées à la télévision américaine, le pari paraît audacieux, mais se révèle visionnaire. BET devient rapidement un acteur majeur du paysage audiovisuel américain avant d’être vendu en 2000 à Viacom (aujourd’hui intégré à Paramount Global) pour 2,3 milliards de dollars. Une opération décisive qui fait de Sheila Johnson l’une des premières femmes noires milliardaires des États-Unis.
3. Beyoncé
Icône mondiale de la musique, Beyoncé n’est pas seulement une superstar : elle est aussi une entrepreneuse remarquablement méthodique. Originaire de Houston, au Texas, elle grandit dans une famille où discipline et ambition occupent une place centrale. Très tôt, ses talents artistiques émergent. Avec le groupe Destiny’s Child, elle connaît un premier succès international dans les années 90, avant de se lancer dans une carrière solo qui fera d’elle l’une des artistes les plus influentes de sa génération. Mais la réussite financière de Beyoncé ne repose pas uniquement sur les ventes d’albums et les tournées. Rapidement, elle comprend l’importance du contrôle de son image et de ses revenus. En développant sa société de production, Parkwood Entertainment, elle prend la main sur une part croissante de ses projets artistiques, de ses films musicaux à ses campagnes commerciales. Aujourd’hui, celle qui est l’épouse du rappeur Jay-Z à la ville est présente partout : musique, cinéma, immobilier, contrats de marque, investissements privés.
4. Serena Williams
Pour Serena Williams, la réussite s’est construite balle après balle. Née dans le Michigan et élevée à Compton, en Californie, dans un environnement marqué par la violence urbaine et les inégalités sociales, elle est formée dès l’enfance par son père Richard Williams aux côtés de sa sœur Venus. Les deux jeunes filles s’entraînent sur des courts publics souvent dégradés, loin des infrastructures réservées aux élites traditionnelles du tennis. Contre tous les pronostics, Serena s’impose progressivement comme l’une des plus grandes joueuses de l’histoire de son sport. Grâce à une domination exceptionnelle sur plusieurs décennies, elle accumule titres du Grand Chelem, contrats publicitaires et revenus sportifs considérables. Mais c’est surtout après les courts qu’elle révèle une autre facette de son ambition. À travers Serena Ventures, son fonds d’investissement, elle est connue pour miser sur des startups innovantes, actives notamment dans les technologies, la santé ou encore les biens de consommation et avec un intérêt particulier pour les entreprises fondées par des femmes et des minorités.
5. Rihanna
Née Robyn Rihanna Fenty à Bridgetown, à la Barbade, Rihanna grandit dans un environnement modeste, marqué par les difficultés financières et les tensions familiales. Repérée à l’adolescence par un producteur américain, elle quitte rapidement son île natale pour tenter sa chance aux États-Unis, où sa carrière musicale connaît une ascension fulgurante. Enchaînant les tubes mondiaux, Rihanna devient l’une des artistes les plus populaires de sa génération. La chanteuse a par ailleurs un sens aiguisé des affaires. Là où de nombreux artistes restent dépendants de leurs revenus artistiques, elle comprend rapidement la nécessité de bâtir un empire entrepreneurial. Le véritable tournant intervient avec le lancement de Fenty Beauty, qui révolutionne l’industrie cosmétique grâce à une gamme inclusive adaptée à toutes les carnations. Le succès est colossal. En développant ensuite ses activités dans la lingerie et la mode, Rihanna transforme progressivement sa notoriété artistique en empire économique. Classée dès 2019 comme la chanteuse la plus riche du monde par Forbes, elle symbolise une nouvelle génération d’entrepreneures afro-descendantes capables de convertir influence culturelle et vision commerciale en une fortune considérable.

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