Accueil Actu E-commerce : le Sud-Africain Takealot franchit le cap de la rentabilité

E-commerce : le Sud-Africain Takealot franchit le cap de la rentabilité

Cador du commerce en ligne dans la nation Arc-en-ciel, la plateforme Takealot vient d’annoncer son premier bénéfice opérationnel ajusté sur un exercice complet, démontrant qu’un acteur numérique africain peut désormais conjuguer expansion et rentabilité.


Dans un communiqué publié ce lundi 29 juin, le spécialiste sud-africain de l’e-commerce Takealot indique avoir dégagé un bénéfice opérationnel ajusté de 11 millions de dollars pour l’exercice clos le 31 mars, contre une perte de 13 millions un an plus tôt. Dans le même temps, le chiffre d’affaires a progressé de 18 % sur la période, à un milliard de dollars, tandis que la valeur brute des marchandises vendues a progressé de 14 % pour atteindre 2 milliards de dollars. Le groupe, détenu par le conglomérat Naspers, revendique désormais plus de 6,2 millions de clients actifs et plus de 60 millions de commandes sur l’année.

Au-delà des chiffres, cette performance traduit une évolution du modèle économique. Après plusieurs années consacrées à construire son infrastructure logistique et à gagner des parts de marché, Takealot récolte désormais les bénéfices d’une meilleure efficacité opérationnelle. Son activité de services logistiques à destination de clients tiers, Takealot Fulfilment Solutions, illustre en particulier cette mutation : ses revenus ont bondi de 93,5 % au cours de l’année écoulée. De fait, en monétisant ses entrepôts, son réseau de livraison et ses capacités technologiques, le groupe suit une trajectoire déjà empruntée par Amazon avec son activité logistique, où l’infrastructure devient elle-même une source de revenus.


L’e-commerce sud-africain : un marché de 130 milliards de rands

Cette annonce intervient alors que l’e-commerce sud-africain entre dans une nouvelle phase de maturité. Selon le cabinet World Wide Worx, le marché local a atteint 130 milliards de rands (7,88 milliards de dollars) en 2025, contre moins de 10 milliards dix ans plus tôt. Au total, le commerce en ligne représente désormais près de 10 % des dépenses de détail du pays, preuve que les habitudes de consommation évoluent durablement.

Mais cette croissance attire également une concurrence sans précédent. Depuis l’arrivée de la filiale sud-africaine d’Amazon en 2024, Takealot doit défendre son leadership face à un acteur mondial disposant de moyens financiers considérables. À cela s’ajoute la montée en puissance des plateformes chinoises Shein et Temu, tandis que les distributeurs historiques sud-africains – Shoprite, Woolworths ou encore Pick n Pay – accélèrent également leur transformation numérique.




Article précédentFace aux deepfakes, Thinkneo parie sur le jumeau numérique