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Cacao : les quatre principaux pays producteurs africains officialisent leur alliance

Réunis le 14 juillet à Abuja, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Nigeria ont officialisé la création de la Cocoa Value Addition Alliance, une coalition destinée à renforcer la transformation locale de la fève et accroître leur pouvoir de négociation sur les marchés internationaux.


À eux quatre, ces pays concentrent près des trois quarts de la production mondiale de cacao, mais ne captent qu’une fraction de la richesse générée par l’industrie mondiale du chocolat. Un déséquilibre que les membres de cette nouvelle alliance souhaitent précisément corriger en développant davantage les activités de transformation sur le continent. Au-delà de l’industrialisation, cette initiative traduit une volonté de coordonner les positions africaines face aux nouvelles règles du commerce mondial. Les quatre pays entendent notamment adopter une stratégie commune concernant le règlement européen sur la déforestation (EUDR), qui entrera en vigueur le 30 décembre 2026 pour les grands opérateurs. L’Union européenne, qui absorbe environ 60 % des importations mondiales de cacao, exigera désormais une traçabilité complète des fèves commercialisées sur son marché. Dans cette optique, l’alliance souhaite notamment faire reconnaître les systèmes nationaux de traçabilité et éviter que les coûts de conformité ne reposent sur les petits producteurs.


Le prolongement de l’Initiative cacao Côte d’Ivoire-Ghana

Plus largement, ce nouveau format de coopération s’inscrit dans le prolongement de l‘Initiative cacao Côte d’Ivoire-Ghana, lancée en 2018, mais dont les résultats sont restés limités. Les quatre pays membres de la Cocoa Value Addition Alliance espèrent désormais franchir une nouvelle étape en coordonnant leurs politiques industrielles et commerciales, sans toutefois mettre en place, à ce stade, de mécanisme de contrôle de la production ou des exportations comparable à celui d’un véritable cartel. Alors que les cours du cacao ont connu une volatilité exceptionnelle depuis leur pic historique de fin 2024, cette alliance marque surtout la volonté des producteurs africains de ne plus se contenter d’exporter une matière première, mais de capter une part bien plus importante de la valeur créée tout au long de la chaîne du chocolat.



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