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De Beers suspend pour deux ans sa principale mine sud-africaine de Venetia

Confronté à la crise persistante du marché mondial du diamant, le groupe sud-africain De Beers a annoncé la suspension, pour une durée de deux ans, de la production de sa mine de Venetia, son principal actif en Afrique du Sud.


Annoncée lundi 13 juillet, cette décision, présentée comme une mesure de réduction des coûts dans un environnement de marché dégradé, ouvre une période d’incertitude pour les quelque 4 400 employés du site ainsi que pour l’écosystème économique local qui dépend de cette exploitation. Cette mise à l’arrêt s’inscrit dans une stratégie plus large de rationalisation engagée par le diamantaire. Après avoir gelé l’expansion de sa mine canadienne de Gahcho Kué, De Beers entend désormais rééchelonner les investissements consacrés à Venetia afin de préserver son potentiel de production lorsque les conditions économiques et sectorielles seront plus favorables. Dans son communiqué, le groupe a également réaffirmé sa volonté de respecter ses engagements sociaux envers les employés de la mine, auxquels il assure vouloir « apporter son soutien et respecter ses engagements dans le cadre de son plan social et d’action pour le travail ». Les modalités concrètes de cet accompagnement restent toutefois à préciser. Cette interruption de deux ans alimente en effet les interrogations quant au maintien des emplois, aux répercussions sociales pour les salariés et leurs familles, ainsi qu’aux mesures qui seront mises en œuvre pour en limiter les effets.


Plus de 2 millions de carats produits en 2025

L’enjeu dépasse toutefois le seul périmètre d’activité de la mine. Plus grand complexe diamantifère d’Afrique du Sud, Venetia a produit 2,2 millions de carats en 2025, soit environ 10 % de la production totale de De Beers, et devait rester en activité au moins jusqu’en 2045 grâce au développement de son exploitation souterraine. En 2025, le site a également généré près de 67 millions de dollars de recettes fiscales et de redevances pour l’État sud-africain. À noter que cette décision intervient alors qu’Anglo American poursuit son projet de cession de De Beers, une opération qui suscite déjà l’intérêt de plusieurs États africains, notamment le Botswana, actionnaire historique à hauteur de 15 %, mais aussi la Namibie et l’Angola. Depuis plusieurs années, ces pays cherchent à renforcer leur contrôle sur la chaîne de valeur diamantifère, à l’image du modèle botswanais fondé sur le partenariat Debswana avec De Beers.



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