L’agence de notation américaine a abaissé la note souveraine du Sénégal de Caa1 à Caa2, tout en maintenant une perspective négative. Une décision qui traduit, selon l’institution financière, une détérioration durable de la capacité du pays à financer et refinancer sa dette dans un contexte de fortes tensions sur les finances publiques.
Cette nouvelle dégradation concerne les notes d’émetteur à long terme en devises et en monnaie locale, ainsi que la dette senior non garantie en devises. Elle intervient moins d’un an après une précédente révision à la baisse et enfonce davantage le Sénégal dans la catégorie des émetteurs présentant un risque de crédit élevé. Pour justifier cette décision, Moody’s met en avant plusieurs facteurs. L’agence estime ainsi que les besoins de refinancement de l’État restent exceptionnellement élevés, tandis que l’absence prolongée d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI) limite l’accès du pays à des financements concessionnels. Cette situation accroît la dépendance de Dakar aux marchés régionaux et à des sources de financement plus coûteuses.
Une dette publique qui inquiète
Autre sujet d’inquiétude : la trajectoire de la dette publique. Moody’s considère que, même dans l’hypothèse d’un assainissement budgétaire progressif, la dette du Sénégal devrait se stabiliser autour de 100 % du PIB à l’horizon 2028. Les charges d’intérêts continueront ainsi de peser lourdement sur les finances publiques, réduisant les marges de manœuvre de l’État. La perspective négative signifie qu’une nouvelle dégradation demeure possible si les conditions de financement venaient à se détériorer davantage, si les réformes budgétaires tardaient à produire leurs effets ou si les négociations avec le FMI n’aboutissaient pas à un accord jugé crédible.
Cette décision intervient alors même qu’une mission du FMI, présente à Dakar depuis le 19 août, est en cours afin de définir les contours d’un futur programme économique avec les autorités sénégalaises. Un accord avec l’institution de Bretton Woods est désormais considéré comme un levier essentiel pour restaurer la confiance des investisseurs et améliorer l’accès du pays aux financements internationaux, et ce alors que le gouvernement sénégalais cherche à concilier discipline budgétaire et ambitions de développement.

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