Le milliardaire nigérian et le président sierra-léonais pilotent une initiative destinée à financer des projets structurants dans plus de dix pays de la région. Un portefeuille de 26 projets, représentant plus de 10 milliards de dollars, a d’ores et déjà été présélectionné.
Tony Elumelu, président de la société d’investissement Heirs Holdings, et Julius Maada Bio, président de la Sierra Leone, co-présidents du West Africa Integration and Investment Summit (WAIIS), pilotent un portefeuille de projets susceptible d’atteindre 15 milliards de dollars d’investissements cumulés d’ici la tenue du sommet inaugural du WAIIS, qui se tiendra les 17 et 18 novembre 2026 au Julius Maada Bio International Conference Centre, à Lungi (Sierra Leone). Selon l’agence d’information financière Bloomberg, le comité directeur a déjà sélectionné 26 projets représentant plus de 10 milliards de dollars, parmi 170 propositions issues de plus de dix pays. « Nous nous attendons à ce que ce portefeuille atteigne 15 milliards de dollars ou davantage », a pour sa part indiqué Kandeh Kolleh Yumkella, l’envoyé spécial du WAIIS. Les secteurs visés sont l’énergie, le commerce et l’industrialisation, les minerais stratégiques, l’agro-industrie et les infrastructures numériques.
Des institutions financières panafricaines sollicitées
Début octobre, Tony Elumelu a accueilli Julius Maada Bio à Lagos pour réunir des dirigeants du secteur privé et des institutions financières, et ce afin de présenter les projets à des financeurs potentiels, dont l’Africa Finance Corporation (AFC), la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), United Bank for Africa (UBA) et Africa50. Pour Tony Elumelu, cette démarche s’inscrit plus largement dans son concept d’Africapitalisme, qui place l’investissement privé africain au cœur du développement du continent. Elle suppose toutefois un environnement réglementaire prévisible et des conditions favorables aux investissements transfrontaliers. L’enjeu sera toutefois de transformer ce portefeuille en investissements effectivement engagés, alors que les déficits d’infrastructures et les difficultés de coordination entre États continuent de freiner l’intégration ouest-africaine. De fait, les 15 milliards de dollars constituent un objectif de mobilisation, et non des financements déjà sécurisés. La capacité à structurer des projets bancables et à attirer des capitaux privés déterminera la portée réelle de l’initiative.

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