La vente du sucrier camerounais Sosucam cristallise désormais l’affrontement entre Romy Castel, fille du propriétaire Pierre Castel, et le directeur général Gregory Clerc, sur fond de divergences stratégiques autour de l’avenir du groupe.
La cession de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam) est en train de se transformer en un bras de fer familial aux lourdes implications industrielles. Alors que Somdia, la filiale agro-industrielle du géant français Castel, a engagé un processus de vente de sa participation dans l’entreprise camerounaise, Romy Castel, fille de Pierre Castel, s’est publiquement opposée à cette opération, accusant le directeur général du groupe, Gregory Clerc, de trahir la vision historique du fondateur. Dans une prise de position particulièrement ferme, l’héritière affirme ainsi avoir découvert le projet « avec stupéfaction » et estime que Sosucam constitue un actif stratégique, tant pour le groupe Castel que pour la souveraineté alimentaire du Cameroun.
Une communication que conteste avec vigueur le conseil d’administration de Somdia. Celui-ci déplore notamment les déclarations de Mme Castel indiquant avoir découvert « par voie de presse » les réflexions relatives à l’avenir de la participation de Somdia dans la Sosucam. Administratrice de Somdia, la fille de Pierre Castel aurait ainsi été « convoquée aux cinq conseils d’administration organisés entre novembre 2025 et juin 2026, au cours desquels la situation de Sosucam et les différents scénarios stratégiques auraient été examinés ». En conséquence, le conseil d’administration de Somdia « s’étonne que Madame Romy Castel puisse présenter ces réflexions comme une découverte récente alors qu’elles ont été abordées à plusieurs reprises dans le cadre des séances du conseil d’administration de Somdia dont elle est membre à part entière ». La direction de Somdia rappelle enfin que « toutes les décisions du Conseil d’administration relatives à la Sosucam ont été approuvées à l’unanimité des membres présents et encore tout récemment le 15 juin 2026 ».
Un dossier suivi de près par le gouvernement camerounais
Cette confrontation intervient alors que le gouvernement camerounais suit le dossier de près. Réuni début juin sous l’autorité du Premier ministre, Joseph Dion Ngute, un comité stratégique a été chargé d’examiner les conditions d’une éventuelle cession. Les autorités ont notamment exigé que Somdia assure la campagne sucrière 2026-2027, garantissant de la sorte la continuité de la production et préservant l’emploi avant toute évolution du capital. Au-delà du seul dossier camerounais, cette affaire illustre surtout les tensions croissantes de gouvernance qui secouent depuis plusieurs mois le groupe Castel. En conflit ouvert avec Gregory Clerc, une partie de la famille actionnaire conteste plusieurs orientations stratégiques du dirigeant et entend peser davantage sur l’avenir du groupe, faisant de Sosucam le nouveau symbole d’une bataille de succession aux enjeux autant familiaux qu’industriels.

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