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Ces patrons africains qui ont cédé les rênes du groupe qu’ils ont bâti

Fin août, le milliardaire sud-africain Koos Bekker a annoncé son départ prochain de la présidence de Prosus et Naspers, groupe qu’il dirige depuis trois décennies. Un cas loin d’être isolé, et pas toujours volontaire : partout sur le continent, de grands patrons cèdent les rênes du groupe qu’ils ont bâti. Forbes Afrique revient ici sur huit parcours emblématiques.

Par Régis Pangou


©Rainbow Minerals

Patrice Motsepe (Afrique du Sud)

Avocat de formation, Patrice Motsepe profite de l’ouverture économique de l’Afrique du Sud post-apartheid pour acquérir des actifs miniers délaissés. Il transforme African Rainbow Minerals en un géant des ressources naturelles (platine, charbon, minerai de fer, manganèse et cuivre), un actif majeur qui fait de lui le premier milliardaire noir du pays. En février 2026, il quitte la présidence exécutive d’ARM pour devenir président non exécutif, une bascule imposée par une nouvelle règle de la Bourse de Johannesburg interdisant au président du conseil de cumuler une fonction exécutive. Il demeure aujourd’hui président non exécutif et administrateur d’ARM, tout en pilotant African Rainbow Capital et en présidant la Confédération africaine de football (CAF).


©Abaca Press

Issad Rebrab (Algérie)

Expert-comptable de formation, Issad Rebrab fonde Cevital en 1998 et en fait le premier groupe privé d’Algérie, présent dans l’agroalimentaire — avec l’une des plus grandes raffineries de sucre au monde —, l’électronique, l’automobile, la sidérurgie et la grande distribution, sur trois continents. Arrêté en avril 2019 dans le cadre d’une vaste opération anti-corruption puis condamné pour des infractions douanières et fiscales, il voit son fils cadet Malik propulsé à la tête du groupe. En juin 2022, il lui cède officiellement la direction générale, un transfert qu’il présente lui-même comme imposé par les circonstances. Une décision de justice lui interdit depuis mai 2023 toute activité commerciale, de gestion ou d’administrateur au sein de Cevital ; il en reste actionnaire, tandis que Malik Rebrab, désormais à sa tête, s’efforce de stabiliser un groupe fragilisé par ces années de turbulences judiciaires.


©UbuntuHope

Strive Masiyiwa (Zimbabwe)

L’histoire de Strive Masiyiwa est celle d’un entrepreneur qui a défié l’État. Dans les années 1990,  l’entrepreneur mène une bataille judiciaire historique pour obtenir une licence de télécommunications au Zimbabwe, donnant ainsi naissance à Econet Wireless. La société devient vite l’un des principaux opérateurs panafricains et un modèle de réussite entrepreneuriale africaine. En février 2022, Masiyiwa quitte le conseil d’administration d’Econet Wireless Zimbabwe, la filiale zimbabwéenne cotée du groupe, afin de laisser la main à une nouvelle génération de dirigeants locaux. Il reste toutefois président exécutif du groupe panafricain Econet Global, tout en dirigeant la firme tech panafricaine Cassava Technologies, consacrée aux infrastructures numériques africaines, et en développant une importante activité philanthropique dans l’éducation et la santé.


©Sedima Group

Babacar Ngom (Sénégal)

Figure majeure de l’entrepreneuriat sénégalais, Babacar Ngom fonde Sedima en 1976 avec une activité d’élevage de volailles. Au fil des décennies, il transforme l’entreprise en un groupe agroalimentaire intégré, leader de la filière avicole au Sénégal, avec des activités couvrant l’alimentation animale, la production de poussins, l’élevage, l’abattage et la distribution. En 2016, il transmet la direction générale à sa fille, Anta Babacar Ngom, marquant ainsi une transition générationnelle soigneusement préparée. Il demeure aujourd’hui président du conseil d’administration de Sedima et accompagne le développement stratégique du groupe, tandis qu’Anta Babacar Ngom — devenue entre-temps une figure politique, la dirigeante étant candidate à la présidentielle sénégalaise de 2024 — en assure la direction opérationnelle.


©Forbes Africa

Michiel Le Roux (Afrique du Sud)

Ancien cadre bancaire, Michiel Le Roux fonde Capitec en 2001 avec une idée simple : proposer des services financiers accessibles aux ménages sud-africains jusque-là négligés par les grandes banques. Il en est le premier directeur général, avant d’en devenir président du conseil d’administration en 2007. Son modèle, fondé sur la simplicité tarifaire et les coûts réduits, rencontre un succès spectaculaire : Capitec devient l’une des banques les plus rentables et les plus innovantes d’Afrique australe. En 2016, il quitte la présidence du conseil. Il siège aujourd’hui au conseil d’administration de Capitec, où il détient toujours environ 11 % du capital.


©vidmi

Koos Bekker (Afrique du Sud)

Peu de dirigeants peuvent revendiquer une création de valeur comparable à celle de Koos Bekker. Lorsqu’il prend les commandes de Naspers, le groupe est essentiellement un éditeur de presse sud-africain. Son intuition d’investir précocement dans la start-up chinoise Tencent transforme l’entreprise en l’un des plus puissants investisseurs technologiques au monde. Après dix-sept ans comme directeur général, il quitte les fonctions exécutives en 2014 pour devenir président du conseil d’administration. Il est toujours aujourd’hui président de Naspers et de Prosus (la filiale de Naspers qui loge les actifs internet internationaux du groupe) , mais a annoncé, le 26 août 2026, son intention de quitter également la présidence du conseil d’ici 2028 — dans un climat de tensions avec plusieurs investisseurs institutionnels sur la gouvernance du groupe.


©Barry Iverson

Naguib Sawiris (Égypte)

Issu d’une grande famille d’industriels égyptiens, Naguib Sawiris fait fortune en lançant l’opérateur Orascom Telecom. Sous sa direction, le groupe devient un acteur majeur des télécommunications, de l’Algérie au Pakistan, avant de fusionner avec le géant VimpelCom. En 2011, dans la foulée de la révolution égyptienne, il quitte la présidence d’Orascom Telecom pour se consacrer à la politique, en fondant le parti des Égyptiens libres. Son parcours illustre la mondialisation des entreprises africaines bien avant l’essor des géants technologiques du continent. Il dirige aujourd’hui Ora Developers et investit dans l’immobilier, les mines d’or, les médias et les nouvelles technologies.


©Skoll Fondation

Tony Elumelu (Nigeria)

Tony Elumelu est l’un des entrepreneurs les plus influents de sa génération. Après avoir repris une banque en difficulté, il transforme United Bank for Africa en un établissement présent dans plus de vingt pays africains. Il théorise également l’« Africapitalisme », une vision selon laquelle les entreprises privées doivent être les moteurs du développement du continent. En 2010, il quitte la direction générale d’UBA à la suite des nouvelles règles limitant la durée des mandats bancaires au Nigeria. Il préside aujourd’hui Heirs Holdings et finance chaque année des milliers de jeunes entrepreneurs africains via sa fondation.



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Questions & réponses :

» Question 1 : Pourquoi Patrice Motsepe a-t-il quitté la présidence exécutive d’ARM ?

En février 2026, il est devenu président non exécutif, conformément aux nouvelles règles de la Bourse de Johannesburg.

» Question 2 : Quel patron a transmis la direction de son groupe à sa fille ?

Babacar Ngom a transmis la direction générale de Sedima à sa fille Anta Babacar Ngom en 2016.

» Question 3 : Pourquoi Koos Bekker prévoit-il de quitter la présidence de Naspers et Prosus ?

Il a annoncé son départ de la présidence d’ici 2028, dans un contexte de tensions avec certains investisseurs institutionnels autour de la gouvernance du groupe.

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