Le géant américain a déposé 50 milliards de nairas auprès de la Banque centrale du Nigeria, étape clé vers une licence de banque d’affaires attendue fin 2026 ou début 2027.
JPMorgan Chase aurait déposé 50 milliards de nairas (environ 38 millions de dollars) auprès de la Banque centrale du Nigeria (CBN), selon des informations rapportées par les médias locaux et l’agence d’information financière Bloomberg mardi 20 octobre. Ce versement constituerait l’une des dernières exigences réglementaires avant l’octroi d’une licence de banque d’affaires, que la banque espère obtenir d’ici fin 2026 ou début 2027. Ni JPMorgan ni la CBN n’ont pour l’heure confirmé publiquement ce dépôt, qui ne vaut par ailleurs pas autorisation d’exercer. Le montant correspond au capital minimum exigé des banques d’affaires à agrément national, relevé de 15 à 50 milliards de nairas dans le cadre de la recapitalisation lancée par la CBN en mars 2024.
Un marché stratégique
Présent à Lagos depuis les années 1980 via un bureau de représentation, JPMorgan y accompagne entreprises et investisseurs institutionnels. Concrètement, l’obtention d’une licence bancaire lui permettrait d’élargir ses activités, notamment aux financements en dollars pour les grandes entreprises, aux services de trésorerie et aux opérations de marchés de capitaux. Le projet a été dévoilé pour la première fois le 8 octobre, à Singapour, par Dapo Olagunju, directeur général de JPMorgan pour l’Afrique de l’Ouest, lors d’un dialogue sur la connectivité financière entre le Nigeria et l’Asie. Il visait alors un lancement avant la fin de l’année, sous réserve d’agrément.
L’initiative du groupe américain contraste avec le repli de plusieurs banques internationales sur le continent : Société Générale et Standard Chartered ont notamment cédé ces dernières années plusieurs filiales africaines. Les groupes internationaux continuent néanmoins de cibler les grandes entreprises, la gestion de fortune et les flux transfrontaliers. JPMorgan a de son côté ouvert des bureaux de représentation au Kenya et en Côte d’Ivoire en 2024. Le Nigeria cherche pour sa part à attirer davantage de capitaux étrangers, après des années de restrictions de change et de difficultés de rapatriement des fonds. De ce point de vue, une implantation de JPMorgan pourrait renforcer les liens entre le pays ouest-africain et les marchés financiers internationaux.

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