La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a dépassé pour la première fois le seuil des 20 000 milliards de francs CFA de capitalisation boursière. Une dynamique qui confirme l’ascension continue du marché des capitaux de l’UEMOA parmi les grandes bourses africaines.
Pour la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), c’est un nouveau palier qui est franchi. Le 20 août 2026, la place financière commune aux huit pays de l’UEMOA a annoncé que la capitalisation de son marché actions avait atteint 20 036,18 milliards de FCFA (30 milliards d’euros), un niveau inédit depuis son lancement en 1998. Un franchissement de seuil qui doit beaucoup à la solide progression enregistrée par la place financière depuis le début de l’année (+ 50, 3 %). En près de vingt-huit ans d’existence, la valeur des sociétés cotées (47 à ce jour) a ainsi été multipliée par 24, illustrant la montée en puissance continue du marché régional ouest-africain, aujourd’hui l’une des principales places boursières d’Afrique francophone.
Une capitalisation concentrée sur quelques secteurs stratégiques
Cette croissance repose largement sur quelques secteurs stratégiques. Dans son communiqué, la BRVM, dirigée par Edoh Kossi Amenounve, rappelle ainsi que les services financiers représentent à eux seuls 44,16 % de la capitalisation totale, devant les télécommunications (33,36 %) et la consommation de base (12,54 %). Au total, ces trois segments concentrent plus de 90 % de la valeur du marché. Quant aux entreprises cotées prises individuellement, Sonatel, Orange Côte d’Ivoire, Société Générale Côte d’Ivoire, Ecobank Transnational Incorporated et Coris Bank International pèsent à elles seules près de la moitié de la capitalisation boursière.
De fait, le retour des introductions en Bourse et l’intérêt renouvelé des investisseurs institutionnels et particuliers renforcent le rôle du marché comme source de financement à long terme pour les économies ouest-africaines. Capitalisant sur cette conjoncture favorable, l’institution ambitionne notamment, à travers son plan stratégique 2026-2030, de diversifier ses activités vers les matières premières et les produits dérivés afin d’élargir sa base d’investisseurs.
Reste un défi de taille : la liquidité. Malgré une capitalisation désormais supérieure à 20 000 milliards de francs CFA, les volumes d’échanges quotidiens de la BRVM restent faibles, oscillant autour de 1,5 à 2 millions d’euros, loin derrière Lagos (environ 15 millions) ou Nairobi (près de 4 millions). Un écart qui rappelle que la profondeur du marché, davantage encore que sa taille, demeure le principal levier pour attirer durablement les investisseurs internationaux.

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