Publiée le 15 août, l’édition 2026 du classement de Shanghai des meilleures universités du monde confirme la géographie très concentrée de la recherche africaine : seules 17 universités du continent figurent dans le Top 1 000 mondial, principalement en Afrique du Sud et en Égypte. De Cape Town au Caire, voici les dix établissements africains les mieux classés.
Par Régis Pangou
1. University of Cape Town (Afrique du Sud)
Fondée en 1829, l’université du Cap (UCT) est la plus ancienne université d’Afrique du Sud et demeure la référence académique du continent. Elle accueille près de 29 000 étudiants issus de plus de 100 pays et figure régulièrement parmi les 200 meilleures universités mondiales. L’UCT est particulièrement reconnue pour ses travaux en médecine, santé publique, climat, océanographie et biodiversité. Ses chercheurs publient chaque année plusieurs milliers d’articles scientifiques et collaborent avec les plus grandes institutions internationales, de l’OMS aux universités d’Oxford et Harvard. Elle constitue aujourd’hui le principal moteur de la recherche africaine.


2. University of the Witwatersrand (Afrique du Sud)
Familièrement appelée Wits, cette université de Johannesburg est l’une des plus prestigieuses d’Afrique. Créée en 1922, elle compte environ 40 000 étudiants et plus de 3 000 enseignants-chercheurs. Son histoire est intimement liée à celle de l’Afrique du Sud : Nelson Mandela y étudia le droit. Wits excelle aujourd’hui dans les sciences fondamentales, l’intelligence artificielle, les mathématiques, l’ingénierie minière et la recherche biomédicale. Son institut de paléoanthropologie est mondialement célèbre pour les découvertes réalisées dans le « Berceau de l’Humanité », classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.


3. Stellenbosch University (Afrique du Sud)
Nichée au cœur des vignobles du Cap-Occidental, la Stellenbosch University est devenue l’un des pôles scientifiques les plus performants d’Afrique. Fondée en 1918, elle rassemble près de 35 000 étudiants et affiche une production scientifique en forte croissance. Ses domaines d’excellence sont l’agriculture, la viticulture, les biotechnologies, les sciences alimentaires et l’ingénierie. L’établissement est également réputé pour son écosystème d’innovation, où laboratoires, start-up et entreprises collaborent étroitement. Plusieurs technologies agricoles développées à Stellenbosch sont aujourd’hui utilisées dans de nombreux pays africains confrontés au changement climatique.


4. Cairo University (Égypte)
Fondée en 1908, l’université du Caire est la doyenne des facultés du monde arabe. Avec plus de 250 000 étudiants, elle figure parmi les plus vastes établissements d’Afrique. Elle possède une réputation exceptionnelle en médecine, pharmacie, ingénierie et sciences humaines. Des dizaines de chefs d’État, de ministres et de prix scientifiques égyptiens y ont été formés. Son immense réseau hospitalier universitaire alimente une recherche médicale particulièrement dynamique, faisant du Caire l’un des principaux centres de publication scientifique du Moyen-Orient et du continent africain.

5. University of Johannesburg (Afrique du Sud)
Née en 2005 de la fusion de plusieurs institutions, l’université de Johannesburg illustre la nouvelle génération des universités africaines. En seulement deux décennies, elle s’est hissée parmi les meilleures du continent grâce à une stratégie agressive de recherche et d’internationalisation. L’établissement accueille en outre près de 50 000 étudiants et investit massivement dans les matériaux avancés, l’intelligence artificielle, les villes intelligentes et l’industrie 4.0. Son ambition est claire : faire de Johannesburg l’une des capitales africaines de l’innovation technologique et de l’entrepreneuriat scientifique.


6. University of Pretoria (Afrique du Sud)
Avec près de 55 000 étudiants, l’université de Pretoria dispose de l’un des plus importants budgets de recherche d’Afrique. Fondée en 1908, elle est particulièrement reconnue pour sa faculté vétérinaire – considérée comme la meilleure du continent –, ainsi que pour ses travaux en cybersécurité, intelligence artificielle et sciences spatiales. Son initiative Future Africa réunit chercheurs africains et internationaux autour des grands défis du XXIe siècle : sécurité alimentaire, énergie, urbanisation et santé. Une approche résolument tournée vers les politiques publiques et le développement du continent.


7. University of KwaZulu-Natal (Afrique du Sud)
Issue de la fusion de deux universités historiques en 2004, l’université du KwaZulu-Natal est devenue une référence mondiale dans la lutte contre les maladies infectieuses. Elle accueille environ 48 000 étudiants répartis sur cinq campus autour de Durban. Ses laboratoires sont particulièrement réputés pour leurs recherches sur le VIH/Sida, la tuberculose et les maladies émergentes. L’université collabore étroitement avec l’Organisation mondiale de la santé et plusieurs grands centres de recherche américains et européens, faisant de Durban un hub majeur de la santé mondiale.

8. Alexandria University (Égypte)
Créée en 1938 sur les rives de la Méditerranée, la faculté d’Alexandrie perpétue la tradition intellectuelle de l’ancienne cité d’Alexandre. Elle forme aujourd’hui plus de 180 000 étudiants et bénéficie d’un vaste réseau de coopération avec les universités européennes. L’établissement se distingue particulièrement en ingénierie, médecine clinique, chimie, pharmacie et sciences marines. Sa proximité avec les grands centres industriels égyptiens favorise également une recherche appliquée tournée vers les technologies portuaires, les matériaux et l’économie maritime, secteurs stratégiques pour l’Afrique du Nord.

9. Mansoura University (Égypte)
Moins connue du grand public que celle du Caire, l’université de Mansoura est pourtant l’un des plus puissants centres de recherche médicale d’Afrique. Fondée en 1972, elle accueille près de 160 000 étudiants et s’appuie sur un complexe hospitalier universitaire parmi les plus importants du Moyen-Orient. Son Centre d’urologie et de néphrologie est mondialement reconnu pour ses travaux sur la transplantation rénale et les maladies du rein. Cette spécialisation explique sa forte visibilité scientifique et son excellente performance dans le classement de Shanghai.


10. Addis Ababa University (Éthiopie)
Fondée en 1950 sous le nom d’University College of Addis Ababa, l’université d’Addis-Abeba est la première université d’Éthiopie et la seule représentante d’Afrique de l’Est dans ce Top 10 africain. Elle compte plus de 45 000 étudiants et joue un rôle déterminant dans la formation des élites éthiopiennes. Ses points forts résident dans l’agriculture, les sciences du climat, la santé tropicale, la géologie et les politiques de développement. Grâce à ses nombreux partenariats avec les agences de l’Union africaine, elle est par ailleurs devenue un acteur incontournable de la recherche sur les défis continentaux.


Comment est établi le classement de Shanghai ?
Lancé en 2003 par l’Université Jiao Tong de Shanghai, puis piloté depuis 2009 par l’organisme indépendant Shanghai Ranking, l’ARWU (Academic Ranking of World Universities), communément appelé « classement de Shanghaï », est considéré comme l’un des classements universitaires les plus rigoureux au monde. Sa méthodologie repose exclusivement sur six indicateurs quantitatifs mesurant la performance en recherche.
Le score final accorde 10 % aux prix Nobel et médailles Fields parmi les anciens élèves, 20 % aux distinctions obtenues par les enseignants-chercheurs, 20 % au nombre de chercheurs les plus cités dans leur discipline, 20 % aux publications dans les revues Nature et Science, 20 % aux articles indexés dans les principales bases bibliométriques internationales, et 10 % à la performance académique rapportée à la taille de l’établissement. Réputé pour son objectivité, le classement est néanmoins régulièrement critiqué pour privilégier les sciences expérimentales et la production scientifique, tout en laissant de côté la qualité de l’enseignement ou l’insertion professionnelle des diplômés.

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