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Paris vole au secours du groupe minier Eramet

©Eramet

L’État français prépare une augmentation de capital de 500 millions d’euros pour devenir le premier actionnaire de l’opérateur minier, actif notamment au Gabon et au Sénégal.


Déjà détenteur de 27,1 % du capital du groupe minier, l’État français prévoit de participer à l’augmentation de capital de 500 millions d’euros annoncée le 12 octobre 2026, et d’acquérir tout ou partie des droits préférentiels de souscription de la famille Duval – actionnaire historique  (37,22 % du capital) ayant bâti sa fortune dans les aciers spéciaux – pour devenir le premier actionnaire. L’opération reste toutefois soumise aux autorisations nécessaires. Cette recapitalisation intervient dans un contexte tendu : à fin juin 2026, la dette nette de l’entreprise atteignait 1,87 milliard d’euros et la perte nette part du groupe, hors SLN (la filiale historique du groupe minier en Nouvelle-Calédonie, spécialisée dans l’extraction et la transformation du nickel), 146 millions d’euros au premier semestre. De fait, pour Paris, l’enjeu dépasse le simple redressement financier : sécuriser des approvisionnements stratégiques en manganèse, nickel et lithium.


Le Gabon au cœur du redressement

Au Gabon, Comilog est notamment un actif majeur. Eramet y mise sur des gains de productivité via son plan ReSolution, présenté en décembre 2025, notamment grâce à la modernisation du Transgabonais, soutenue par des financements français et européens. Libreville vise toutefois une plus grande valeur ajoutée locale : en mai 2025, elle a annoncé vouloir interdire les exportations de manganèse brut, et ce dès le 1er janvier 2029. Un protocole d’accord signé en juillet 2026 prévoit de porter la transformation locale jusqu’à 700 000 tonnes de minerai par an d’ici fin 2031, via la rénovation du Complexe métallurgique de Moanda, une nouvelle usine d’alliages près de la côte et une unité d’oxyde de manganèse près de Libreville.

La mise en œuvre effective de ces projets dépendra toutefois de la disponibilité d’une électricité compétitive, des infrastructures logistiques et des financements. L’augmentation de capital devrait en tous les cas offrir à Eramet – par ailleurs présent dans la filière des sables minéralisés au Sénégal (via sa filiale Eramet Grande Côte) – des marges de manœuvre supplémentaires. Pour les autorités gabonaises, le défi sera de transformer ces ambitions en investissements effectifs, tout en préservant l’équilibre d’un secteur clé pour les recettes d’exportation et l’emploi.



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