Engagé dans une politique de chasse aux coûts, le distributeur sud-africain poursuit sa cure d’austérité et annonce un retour aux profits d’ici 2029.
Dans un communiqué publié le 25 mai, le groupe piloté par Sean Summers a annoncé le report à 2029 — contre 2028 initialement — de son objectif de retour à l’équilibre opérationnel, illustrant les difficultés structurelles auxquelles fait face le deuxième distributeur d’Afrique du Sud dans un environnement de marges toujours sous pression.
Un report du retour à la rentabilité qui a immédiatement été sanctionné par les investisseurs : à la Bourse de Johannesburg, l’action Pick n Pay a chuté de plus de 7 % après la publication des résultats. Dans le détail, sur l’exercice clos au 1er mars, la perte commerciale du distributeur s’est aggravée à 2 milliards de rands (environ 123 millions de dollars), contre 1,7 milliard un an plus tôt. Une performance décevante que le directeur général, Sean Summers, attribue en grande partie à une structure de coûts jugée trop lourde, notamment sur le plan salarial. « Les coûts de main-d’œuvre restent un défi majeur », a notamment reconnu le patron de Pick n Pay qui a par ailleurs précisé que le groupe avait engagé ce mois-ci « des consultations sur une refonte du modèle de travail en magasin », indispensable pour « ramener l’entreprise à la rentabilité dans un secteur aux marges extrêmement faibles. »
Un Vaste Plan de Transformation
Le distributeur, qui tente de reprendre des parts de marché au leader sud-africain Shoprite, a engagé un vaste plan de transformation : fermeture de magasins peu performants, réduction des coûts et amélioration de l’offre produit, notamment dans les produits frais et le service client. Quelques signaux suggèrent toutefois que ce repositionnement commence à produire des effets. Les ventes comparables des magasins détenus en propre ont progressé de 3,9 %, tandis que la marge brute s’est légèrement améliorée. La bonne nouvelle est toutefois venue de la chaîne discount du groupe, Boxer, dont les bonnes performances ont partiellement fait contrepoids aux pertes des magasins Pick n Pay. Des résultats contrastés qui, au-delà du cas de l’entreprise sud-africaine, illustrent les mutations du secteur africain de la distribution.
