Réunis à Cotonou jusqu’au 8 juillet, plus de 400 décideurs économiques et politiques veulent faire de l’assurance inclusive un nouveau pilier de résilience économique sur le continent.
Alors que le continent abrite désormais plus de 1,5 milliard d’habitants, son industrie de l’assurance reste encore embryonnaire. Un retard qui laisse des centaines de millions de particuliers, d’agriculteurs, d’entrepreneurs et de PME sans véritable filet de sécurité face aux aléas climatiques, sanitaires ou économiques. C’est pour répondre à ce défi structurel que la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (FANAF) organise du 6 au 8 juillet à Cotonou, au Bénin, les premiers États généraux de l’Assurance pour Tous. Plus de 400 participants issus d’une vingtaine de pays – compagnies d’assurance, réassureurs, régulateurs, institutions financières, fintechs et pouvoirs publics – sont ainsi réunis afin de définir une feuille de route commune pour démocratiser l’accès à l’assurance. Dans le détail, les organisateurs ont programmé dix ateliers thématiques consacrés aux principaux leviers de transformation du marché africain de l’assurance : développement de l’assurance agricole, protection des PME, essor de l’assurance vie, démocratisation de la micro-assurance santé, innovations technologiques, évolution du cadre réglementaire, fiscalité ou encore mobilisation des financements nécessaires au changement d’échelle du secteur.
Un enjeu économique considérable
De fait, l’enjeu économique est considérable. En 2024, le marché africain de l’assurance représentait environ 73,6 milliards de dollars de primes, soit moins de 1 % du marché mondial. De nombreuses régions du continent demeurent largement sous-assurées, avec des taux de pénétration inférieurs à 1 % du PIB dans plusieurs marchés d’Afrique francophone, contre plus de 6 % en moyenne mondiale. S’agissant des États généraux, le point d’orgue de cette rencontre sera l’adoption du premier Pacte panafricain pour l’assurance inclusive, accompagné d’un plan d’action stratégique 2026-2030. L’ambition affichée est notamment de contribuer au doublement du taux de pénétration de l’assurance dans l’espace FANAF d’ici 2040. Au-delà d’un simple enjeu sectoriel, les assureurs africains entendent ainsi repositionner leur industrie comme un maillon essentiel du développement du continent : sécurisation des investissements, financement de l’économie, adaptation climatique et protection des revenus.

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