Le groupe automobile chinois a repris les commandes de l’ancienne usine Nissan de Rosslyn, près de Pretoria, avec l’ambition d’en faire une plateforme industrielle destinée au marché sud-africain mais aussi aux exportations régionales. Une opération qui illustre la montée en puissance des constructeurs chinois sur un continent longtemps dominé par les marques japonaises et européennes.
L’accord marque une nouvelle étape dans la stratégie internationale de Chery, qui cherche à développer des capacités de production locales alors que la concurrence s’intensifie sur son marché domestique. Le groupe prévoit d’investir dans la modernisation du site, l’installation de nouveaux équipements et l’adaptation des lignes de production, avec un démarrage prévu à partir de mi-2027. L’usine produira dans un premier temps des SUV de ses marques Jetour, Omoda et Jaecoo, avec des versions thermiques mais aussi des véhicules dits à « nouvelles énergies », incluant des modèles hybrides et électriques. Chery prévoit de conserver les 692 employés actuels du site et ambitionne de créer environ 3 000 emplois supplémentaires à travers la production et la chaîne d’approvisionnement locale.

L’e-mobilité en Afrique, un marché en pleine expansion
Cette offensive intervient alors que le potentiel du marché africain de la mobilité électrique suscite un intérêt croissant des industriels mondiaux. Selon le cabinet d’études Mordor Intelligence, la valeur du marché africain de l’e-mobilité devrait bondir de 15,8 milliards de dollars en 2024 à 25,4 milliards de dollars en 2029, portée par l’urbanisation rapide, l’amélioration progressive des infrastructures de recharge et la demande pour des solutions de transport plus économiques.
Au-delà du symbole industriel, cette implantation confirme l’évolution de la relation économique entre la Chine et l’Afrique. Après les infrastructures et les matières premières, les entreprises chinoises avancent désormais dans les chaînes de valeur manufacturières. L’objectif n’est plus seulement d’exporter vers le continent, mais de produire depuis l’Afrique pour servir des marchés régionaux en croissance. À l’heure où le marché automobile africain reste encore largement sous-équipé, l’investissement de Chery pourrait annoncer une nouvelle bataille industrielle : celle des groupes capables de produire, et non plus seulement de vendre, les véhicules destinés à la prochaine génération de consommateurs africains.

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