Ils reviennent de Paris, Londres, Bruxelles, Montréal ou New York avec des CV solides, des compétences pointues, des réseaux internationaux et des ambitions renouvelées. Devant eux, un continent en pleine transformation et des économies en mouvement. Mais, pour les « repats », si les perspectives sont réelles, le retour est rarement un long fleuve tranquille. Par Patrick Ndungidi
Lorsqu’il quitte la France pour rentrer en République démocratique du Congo en 2020, Henri Matona pense avoir soigneusement préparé son retour. Après une riche carrière en France dans la banque, la finance et l’assurance, son projet entrepreneurial dans l’immobilier a mûri pendant plusieurs années. Sur le papier, tout semble cohérent. Mais à Kinshasa, ses certitudes s’effritent rapidement. Très vite, l’ingénieur en informatique découvre que les réflexes acquis à Paris ne produisent plus les mêmes résultats. Le modèle économique doit donc être revu et les calendriers réévalués. Loin du scénario qu’il avait imaginé, le retour au pays le contraint à une nouvelle lecture du terrain. « Franchement, il y a souvent un véritable choc », reconnaît-il. « L’environnement économique, les pratiques, les modèles de fin...
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