La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a choisi la continuité ce 10 juin en maintenant son principal taux directeur à 3 %, tout en se disant prête, le cas échéant, « à prendre les mesures nécessaires pour assurer la stabilité monétaire et financière de la zone ».
Réuni en deuxième session ordinaire de l’année sous la présidence de son gouverneur, Jean-Claude Kassi Brou, le Comité de politique monétaire (CPM) a décidé ce mercredi 10 juin de maintenir le principal taux directeur à 3,0 %, tandis que le taux du guichet de prêt marginal reste fixé à 5,0 %. Le coefficient des réserves obligatoires applicable aux banques de l’Union reste également inchangé, à 3,0 %. La décision de la banque centrale ouest-africaine s’appuie en premier lieu sur un tableau macroéconomique globalement rassurant pour l’Union monétaire ouest-africaine (c). « Nous avons relevé une évolution favorable de la situation économique, monétaire et financière de l’Union au premier trimestre 2026. La croissance économique demeure robuste et le taux d’inflation devrait se maintenir dans la fourchette cible arrêtée par le Comité de politique monétaire pour l’année 2026 », s’est notamment félicité Jean-Claude Kassi Brou. Le gouverneur de la BCEAO a également mis en avant l’amélioration de la situation extérieure de la zone, tirée par la progression des exportations, une meilleure mobilisation des ressources extérieures par les États membres et la hausse des ventes d’hydrocarbures.
De Possibles Nuages à l’Horizon
Ce satisfecit d’ensemble n’occulte toutefois pas les nuages à l’horizon. La BCEAO pointe notamment les tensions persistantes au Moyen-Orient, comme principal facteur de risque cette année. De fait, une escalade du conflit pourrait renchérir les prix, fragiliser les équilibres extérieurs et peser, à terme, sur la soutenabilité des finances publiques des États membres de l’UMOA — des économies encore largement dépendantes des marchés internationaux de matières premières et d’énergie. C’est précisément cette incertitude qui a conduit le Comité à privilégier une posture d’attente prudente, jugeant « opportun de maintenir l’orientation actuelle de la politique monétaire ». La BCEAO a toutefois pris soin de baliser l’avenir : l’institution se dit prête à ajuster le cap si la conjoncture l’exige.

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