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Global Capitalism Index : les 10 pays africains les plus « capitalistes »

Une vue du quartier des affaires de Sandton, à Johannesburg (Afrique du Sud) ©Rckr88

Publié début octobre par des chercheurs de la Darden School of Business de l’Université de Virginie, le Global Capitalism Index classe 161 pays à travers le monde selon la vigueur de leur capitalisme. Sur le continent, Maurice, les Seychelles et le Botswana occupent le podium. Passage en revue du Top 10 africain.

Par Régis Pangou


1. Maurice, 48ᵉ rang mondial, 73,9 points/100

Longtemps cantonnée à l’industrie du sucre, l’île Maurice prend la tête des pays les plus capitalistes du continent grâce à une économie de services ouverte : tourisme, finance, technologies, activités transfrontalières. Une extraversion assumée qui explique que le rapport Global Capitalism Index (GCI) la range parmi les « capitalismes commerciaux » : le pays est 32ᵉ mondial pour la libre circulation des biens et des capitaux. Reste la fragilité des petites économies ouvertes, exposées aux chocs extérieurs.


2. Seychelles, 50ᵉ rang mondial, 73,4 points/100

Nation insulaire également, l’archipel seychellois compense l’étroitesse de son marché par le tourisme, la finance et le commerce international. Il est 11ᵉ mondial pour la sophistication des marchés de capitaux et 33ᵉ pour les droits de propriété. Son score, très proche de celui de Maurice, le place parmi les environnements africains les mieux évalués, avec l’une des plus fortes progressions de l’indice depuis 2009 (+16,2 points).


3. Botswana, 52ᵉ rang mondial, 72,7 points/100

Historiquement adossé aux diamants, le Botswana doit son rang autant à ses institutions qu’à ses ressources : la prévisibilité des règles mises en place par les autorités rassure les opérateurs privés. De fait, le rapport GCI le range, comme la Suisse ou l’Australie, parmi les « capitalismes institutionnels » : il est 34ᵉ mondial pour l’ouverture du marché du travail, 38ᵉ pour la concurrence et 41ᵉ pour les politiques de soutien aux marchés.


4. Namibie, 59ᵉ rang mondial, 69,7 points/100

Uranium, diamants, métaux stratégiques… La Namibie est riche, mais son classement doit surtout à la qualité de ses institutions : elle est 45ᵉ au classement mondial pour les droits de propriété, 48ᵉ pour l’ouverture du marché du travail et 49ᵉ pour les politiques de soutien aux marchés. Énergies renouvelables, hydrogène vert et logistique offrent par ailleurs de solides perspectives, à condition néanmoins que les projets annoncés deviennent des capacités concrètes. L’enjeu : élargir la base d’entreprises et créer de la valeur au-delà des industries extractives.


5. Cap-Vert, 66ᵉ rang mondial, 67,1 points/100

Le Cap-Vert compense son marché intérieur étroit par une économie tournée vers l’extérieur : tourisme, services, transferts de la diaspora. Son rang dans le GCI repose sur de solides bases institutionnelles, avec notamment les droits de propriété (42ᵉ mondial) et la concurrence (46ᵉ), tandis que la libre circulation des biens et des capitaux (116ᵉ) reste son point faible.


6. Rwanda, 74ᵉ rang mondial, 64,2 points/100

Kigali mise sur une administration modernisée, des procédures simplifiées et la promotion des investissements pour devenir une plateforme régionale de services, de finance, de logistique et de technologies. L’indice GCI le confirme : le pays est 27ᵉ mondial pour les politiques de soutien aux marchés et signe la 5ᵉ plus forte progression depuis 2009 (+13,7 points). Petit et enclavé, le pays des Mille collines doit toutefois monter en valeur ajoutée. Le défi reste considérable : droits de propriété (101ᵉ), marché du travail (101ᵉ) et marchés de capitaux (128ᵉ) restent à consolider.


7. Afrique du Sud, 78ᵉ rang mondial, 63,2 points/100

Place boursière de premier plan, industrie diversifiée, groupes présents dans toute l’Afrique : la nation arc-en-ciel reste un passage obligé pour les investisseurs. Son rang tient surtout à ses droits de propriété (50ᵉ mondial) et à la concurrence (60ᵉ) tandis que ses marchés de capitaux n’arrivant qu’au 106ᵉ rang. La nation arc-en-ciel est toutefois sur une inquiétante pente descendante. Marché du travail difficile (93ᵉ), infrastructures contraintes, inégalités : au total, le pays a perdu 12 points depuis 2009.


8. Bénin, 80ᵉ rang mondial, 62,8 points/100

Le Bénin se distingue par l’ouverture de son marché du travail (20ᵉ mondial) et par un environnement concurrentiel (44ᵉ). Le port de Cotonou, les échanges régionaux, des infrastructures modernisées et la proximité du Nigeria, géant démographique (230 millions d’habitants), soutiennent cette dynamique. Mais la formalisation de l’économie, le financement des PME (le système bancaire n’est que 143ᵉ) et la création d’emplois productifs restent des chantiers majeurs.


9. Maroc, 85ᵉ rang mondial, 61,8 points/100

Loin des modèles insulaires, le Maroc s’appuie sur un appareil productif diversifié, des infrastructures portuaires et industrielles de premier plan ainsi que sur son intégration aux chaînes de valeur mondiales : automobile, aéronautique, phosphates, renouvelables. Son score tient à un profil sans point fort net mais sans faiblesse extrême non plus : marchés de capitaux (72ᵉ), banques (76ᵉ) et politiques de soutien aux marchés (77ᵉ). Mais la performance industrielle ne résume pas le capitalisme : le royaume chérifien doit encore progresser sur la concurrence (117ᵉ) et la libre circulation des biens et des capitaux (101ᵉ).


10. Égypte, 86ᵉ rang mondial, 60,9 points/100

Dernière du Top 10 continental, l’Égypte mise sur l’ampleur de son marché intérieur (plus de 110 millions d’habitants), sa position stratégique et le canal de Suez. Son rang repose en premier lieu sur la souplesse de son marché du travail (43ᵉ au classement mondial), la solidité de son secteur bancaire (62ᵉ) et la concurrence (64ᵉ), malgré des droits de propriété (136ᵉ) et des marchés de capitaux (135ᵉ) très en retrait. Mais la taille ne fait pas tout : contraintes monétaires et poids des acteurs publics continuent de peser sur l’environnement des affaires.

Méthodologie

Développé par le Karsh Institute for Democracy et la Darden School of Business de l’université de Virginie, le Global Capitalism Index définit le capitalisme comme un système permettant de déployer le capital sur des marchés ouverts, avec un minimum de contraintes. Il agrège 213 jeux de données (Banque mondiale, FMI, V-Dem, Bloomberg…) répartis en huit sous-indices : droits de propriété, politiques favorables au marché, flexibilité du travail, concurrence, marchés financiers, stabilité bancaire, entrepreneuriat et libre circulation des biens et des capitaux. Il propose ainsi une mesure globale du capitalisme, au-delà de la fiscalité et de la réglementation. Les données sont agrégées et normalisées pour attribuer à chaque pays un score de 0 à 100, un résultat élevé indiquant un environnement institutionnel et économique plus favorable au fonctionnement des marchés.


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