Accueil À la Une Juliana Amato Lumumba : le pari d’une nouvelle et puissante francophonie

Juliana Amato Lumumba : le pari d’une nouvelle et puissante francophonie

Candidate au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF)*, Juliana Amato Lumumba dévoile, dans son ouvrage Pour la Francophonie des peuples. Neuf discours pour bâtir la Grande Alliance francophone, à paraître en octobre 2026, une ambitieuse feuille de route destinée à transformer l’espace francophone en une véritable force économique, scientifique, culturelle et diplomatique.


À rebours des discours institutionnels traditionnels et loin des déclarations d’intention, Juliana Amato Lumumba construit son projet autour de neuf grands discours-programmes conçus pour rapprocher la Francophonie des citoyens et renforcer son impact concret. « Pris ensemble, ces projets dessinent bien davantage qu’un programme. Ils modélisent une trajectoire. Une doctrine d’action. Une méthode de transformation holistique. Une architecture de solidarité organisée. Une espérance structurée. Et peut-être même une nouvelle manière de concevoir la coopération entre les peuples dans le siècle qui vient », indique-t-elle. Une vision soutenue par la République démocratique du Congo, principal bastion de la Francophonie en Afrique, puisqu’il est le premier pays francophone par sa population. Kinshasa constitue par ailleurs la plus grande agglomération francophone du monde.

La République démocratique du Congo, principal bastion de la Francophonie en Afrique, puisqu’il est le premier pays francophone par sa population.


Une Chambre francophone de commerce solidaire

L’ambition de Juliana Lumumba pour l’OIF se traduit d’abord sur le terrain économique. Au cœur de son projet figure la création d’une «Chambre francophone de commerce solidaire et de coproduction industrielle ». Objectif : faire passer la Francophonie d’une communauté linguistique à une communauté de production. Loin d’une structure supplémentaire, cette institution aurait pour mission de mettre en relation entreprises et investisseurs, développer des chaînes de valeur communes, faciliter le financement des PME, produire une intelligence économique partagée et encourager une industrialisation davantage fondée sur la coproduction que sur la simple exportation de matières premières. « Nous devons produire ensemble pour peser davantage, investir ensemble pour croître plus vite, innover ensemble pour préparer demain, partager ensemble pour durer plus longtemps », confie l’auteure.

Objectif : faire passer la Francophonie d’une communauté linguistique à une communauté de production.


Un acteur mondial de la paix

Mais, la prospérité économique ne peut s’inscrire dans la durée sans la paix. C’est pourquoi, face à la multiplication des crises internationales, Juliana Lumumba propose la création d’une « Académie francophone de la paix », véritable laboratoire permanent de prévention des conflits. Cette institution agirait sur cinq axes : diplomatie préventive ; justice ; mémoire et réconciliation ; jeunesse et leadership de paix ; genre et inclusion ; ainsi que culture et spiritualité. « Une Académie de la paix ne résoudra pas du jour au lendemain tous les conflits du monde. Mais elle peut contribuer à changer d’ère. Elle peut offrir à la Francophonie un cadre permanent de dialogue, de formation, de recherche et de médiation capable non seulement d’aider à résoudre les conflits d’aujourd’hui, mais surtout d’empêcher les tragédies de demain », explique Juliana Amato Lumumba dans son livre. Son ambition est de faire de la Francophonie une référence mondiale en matière de médiation, de mémoire partagée et de construction du vivre-ensemble.


Une transition numérique francophone inclusive

Autre priorité : réussir la transition numérique. Convaincue que l’avenir de la langue française se jouera aussi dans les technologies émergentes, Juliana Amato Lumumba propose la création d’une « Autorité de la Transition numérique francophone inclusive », placée sous l’égide de l’OIF et codirigée avec l’Agence universitaire de la Francophonie. Cette structure piloterait une stratégie commune autour de cinq priorités : accès au numérique, formation des compétences, production de contenus francophones, développement des écosystèmes d’innovation et gouvernance numérique. « Cette autorité constituera l’organe de gouvernance stratégique, de coordination opérationnelle et de régulation normative de l’ensemble des initiatives numériques francophones », explique l’auteure.


Visa francophone des talents

La mobilité des compétences constitue un autre pilier de son projet. À cet effet, elle propose la mise en place d’un « Visa francophone des talents et des investissements » destiné à quatre catégories : chercheurs, ingénieurs, universitaires, artistes et innovateurs ; entrepreneurs ; investisseurs ; ainsi qu’étudiants et jeunes professionnels. Ce visa a pour objectif de faciliter la mobilité au sein de l’espace francophone et d’accélérer les échanges de connaissances, d’innovations et de capitaux. « Ces quatre types de visas forment un tout cohérent. Ensemble, ils visent à faire émerger une Francophonie de la liberté, de la prospérité et de la justice », indique Juliana Lumumba.


Une transformation systémique de l’OIF

Au-delà des neuf discours, Pour la Francophonie des peuples. Neuf discours pour bâtir la Grande Alliance francophone défend une vision cohérente où économie, paix, numérique, mobilité, culture, santé, environnement et jeunesse ne constituent pas des politiques isolées et indépendantes, mais les composantes d’un même projet de transformation systémique de l’OIF. À travers cet ouvrage, Juliana Amato Lumumba défend une véritable refondation de l’OIF. À ses yeux, la crédibilité des institutions internationales ne se mesure plus à leurs déclarations, mais à leur capacité à transformer le quotidien des citoyens. Pour l’OIF, l’enjeu est d’apporter des réponses concrètes aux défis économiques, sociaux, culturels et technologiques auxquels sont confrontés les peuples francophones.


Bio Express

Titulaire d’un Diplôme d’études approfondies (DEA) en sciences politiques et sociologie de la défense de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris, Juliana Lumumba a débuté sa carrière dans le journalisme international au sein d’Al Manar, Al Ahram International et Dialogue International à Paris. Pendant plus de dix ans, elle a été la seule journaliste africaine bilingue français-arabe spécialisée dans les questions africaines et les droits humains. Vice-ministre de la culture et de l’information, puis ministre de la culture de la République démocratique du Congo, elle a modernisé la politique culturelle nationale, fait traduire pour la première fois l’avant-projet de Constitution et l’hymne national dans les quatre langues nationales, et conduit la délégation congolaise à l’Exposition universelle de Lisbonne (1998), où la RDC a obtenu le prix du meilleur spectacle africain. Entrepreneuse, elle a fondé plusieurs entreprises de conseil, de communication et de commerce international. De 2007 à 2015, elle a exercé les fonctions de Secrétaire générale de l’Union des chambres africaines de commerce, d’industrie et des professions (UACCIAP) au Caire, où elle a œuvré à l’intégration économique africaine, à l’harmonisation des normes, à la promotion du commerce intra-africain, au transfert de technologies et au développement des ressources humaines.  Depuis 2015, elle est conférencière internationale sur le leadership féminin, l’entrepreneuriat et l’intégration africaine, avec des interventions notamment à la COP21, à Manifesta 10 et à l’Institut d’études stratégiques du Caire. Polyglotte (français, arabe, anglais, lingala, swahili), elle porte la vision d’une Francophonie plus inclusive, plus influente et plus solidaire.



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