L’Afrique possède un patrimoine que l’Histoire lui a longtemps disputé – quand elle ne le lui a pas tout simplement arraché. Or voici que, longtemps pillé dans ses vestiges et étouffé dans ses récits, ce passé devient aujourd’hui un actif. Restitutions médiatisées, citoyennetés offertes aux Afro-descendants, festivals érigés en marques nationales : du Ghana au Bénin, du Sénégal au Nigéria, la mémoire et la culture se muent en instruments de Soft Power et en leviers de développement. Comment le continent transforme-t-il son capital historique en stratégie d’influence à destination de ses diasporas et du reste du monde ? Enquête. Par Pokou Ablé
En signant, le 9 novembre 2021, le transfert de 26 trésors royaux d’Abomey pillés en 1892 par les troupes du général Dodds, Emmanuel Macron mesurait-il l’impact de cette restitution sur le rayonnement culturel du Bénin ? À Cotonou en tout cas, où les œuvres furent exposées quelques mois plus tard sous l’intitulé Art du Bénin, d’hier et d’aujourd’hui, l’engouement fut immédiat. Ce record national – près de 200 000 visiteurs en une quarantaine de jours – a permis au Bénin de valider le constat que la mémoire pouvait faire r...
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