Le ciel s’assombrit pour le transporteur aérien marocain. Confrontée à une flambée des coûts du carburant dans le sillage des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la compagnie Royal Air Maroc a annoncé la suspension provisoire de plusieurs dessertes africaines et européennes.
Dans le détail, les coupes concernent plusieurs vols au départ de Marrakech vers Marseille, Lyon, Bordeaux et Bruxelles, mais c’est surtout l’Afrique centrale qui va être impactée avec la suspension des lignes stratégiques reliant Casablanca à Bangui, Brazzaville, Kinshasa, Douala, Yaoundé ou encore Libreville. Deux dessertes opérées depuis Tanger vers Barcelone et Malaga sont également concernées. En cause : « la forte hausse des prix du kérosène, conséquence directe des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. » Dans son communiqué, publié le samedi 23 mai, la direction du pavillon chérifien évoque également « un ralentissement de la demande sur certaines dessertes».
Au-delà du cas de Royal Air Maroc (RAM), cette décision agit comme un révélateur des vulnérabilités persistantes du secteur aérien mondial. Trois mois de tensions militaires autour de l’Iran ont suffi à bouleverser l’équation économique des compagnies : hausse brutale du prix du carburant, perturbations logistiques, annulations de vols et augmentation marquée des tarifs. Le kérosène, qui représentait historiquement environ un quart des coûts des transporteurs, pèserait désormais jusqu’à 45 % des charges opérationnelles, selon les dernières données communiquées par les entreprises du secteur.
Peu de Marges de Manœuvre
Face au choc, les compagnies aériennes n’ont que peu de leviers : supprimer les lignes jugées insuffisamment rentables, répercuter les coûts via des surcharges carburant ou miser sur des mécanismes de couverture financière lorsqu’ils existent. Pour l’Afrique, l’enjeu dépasse le seul cas de la RAM. Dans un continent où les connexions aériennes restent limitées et coûteuses, la suspension de lignes régionales rappelle combien la rentabilité du transport aérien demeure fragile, particulièrement face aux chocs géopolitiques mondiaux. Un paradoxe, alors même que plusieurs transporteurs africains nourrissent de vastes ambitions d’expansion, à l’image de Royal Air Maroc, qui vise une flotte de 200 appareils d’ici 2037.

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