La crise du cacao n’est plus seulement une affaire de prix. Elle relève de la bataille de la productivité, du capital et de la valeur ajoutée. La Côte d’Ivoire et le Ghana dominent toujours l’offre mondiale, mais l’Équateur avance à grande vitesse. Pour l’Afrique de l’Ouest, le défi n’est pas seulement de produire plus, mais de transformer son avantage agricole en vecteur de croissance industrielle et en revenus durables pour ses planteurs. Par Sylvain Comolet
Sur les marchés de Londres et de New York, le cacao apparaît comme l’une des matières premières les plus volatiles au monde. Cette instabilité ne tient pas seulement aux variations de la production ou aux aléas climatiques : elle résulte aussi de la concentration géographique de l’offre, de la faiblesse des stocks et des anticipations parfois contradictoires des opérateurs. Le marché peut ainsi passer rapidement d’une pénurie préoccupante à une détente relative, sans que cette évolution ne modifie les fragilités structurelles des pays producteurs. La flambée de 2024 a précisément exposé la vulnérabilité du secteur en terres africaines. Dans les plantations d’Afrique de l’Ouest, il est une question de capital : cel...
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