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Les plus grosses IPO africaines, région par région

©Getty Images

Le 14 septembre 2026, la raffinerie Dangote a ouvert son carnet d’ordres à Lagos. L’opération s’annonce déjà comme la plus grosse introduction en Bourse du continent. Une bonne occasion de rappeler que, avant cette IPO XXL, plusieurs grandes opérations ont marqué l’histoire des places financières africaines. Retour sur celles qui ont fait date, région par région.

Par Léopold Muta


Afrique du Nord : Maroc Telecom

En décembre 2004, l’État marocain cède 14,9 % de l’opérateur, soit 131 millions d’actions, par le biais de souscriptions simultanées à Casablanca et à Paris. Le prix, fixé à 68,25 dirhams, se situe dans le haut de la fourchette. L’opération rapporte 8,94 milliards de dirhams (environ 945 millions de dollars), tandis que la demande atteint 192 milliards de dirhams, soit plus de 21 fois l’offre, avec près de 134 000 souscripteurs. Environ 70 % du placement revient à des investisseurs marocains, ce qui donne un coup de fouet à une Bourse locale alors peu active. Le produit de la vente revient quant à lui à l’État et non à l’entreprise nouvellement cotée. Plus tôt déjà, en 2001, le gouvernement marocain avait engagé la privatisation de la société avec l’entrée du groupe français Vivendi au capital. Maroc Telecom devient alors la première capitalisation de Casablanca et reste à ce jour la plus grosse IPO de l’histoire du royaume. Dans la région nord-africaine, on citera aussi l’IPO de Telecom Egypt, qui a suivi la même voie en 2005, en levant environ 892 millions de dollars. 


Afrique de l’Ouest : Seplat Energy

En avril 2014, Seplat Energy s’introduit simultanément à la Bourse de Lagos (NSE) et à la Bourse de Londres (LSE), avec une opération d’environ 500 millions de dollars (près de 300 millions de livres sterling). Le prix d’offre est fixé à 576 nairas (210 pence) par action. Le flottant atteint 25 % du capital. L’offre est massivement sursouscrite, et les demandes se répartissent à parts à peu près égales entre investisseurs de Londres et de Lagos. À l’ouverture des transactions, la capitalisation ressort à environ 1,9 milliard de dollars (313 milliards de nairas). Seplat devient ainsi la première compagnie pétrolière nigériane à faire une double cotation et réalise alors la plus importante introduction en Bourse d’Afrique subsaharienne depuis Dangote Cement en 2010. À titre de comparaison, l’opération pèse près de deux fois celle d’Orange Côte d’Ivoire à la BRVM (245 millions de dollars), qui est pour sa part la plus grosse IPO jamais réalisée dans la zone UEMOA.


Afrique centrale/CEMAC : BGFI

Le 7 mai 2026, BGFI Holding Corporation, maison mère du groupe bancaire gabonais BGFIBank, est cotée sur la BVMAC. L’opération lève 45,3 milliards de francs CFA (environ 79 millions de dollars) pour 10 % du capital, à 80 000 francs CFA l’action. Elle mobilise 7 601 souscripteurs de 24 pays, dont 71 % de particuliers, ce qui traduit un début de culture boursière dans la zone CEMAC. Le taux de souscription n’atteint toutefois que 36 % de l’objectif d’environ 125 milliards de francs CFA. La capitalisation de la BVMAC triple malgré tout, de 479 à 1 658 milliards de francs CFA, et BGFI s’impose d’emblée comme la première valeur de la place.


Afrique de l’Est : Kenya Pipeline Company

Pendant près de vingt ans, le record régional a appartenu à Safaricom. En 2008, l’État kényan avait cédé 25 % de l’opérateur pour 50 milliards de shillings (environ 830 millions de dollars à l’époque), face à des ordres près de cinq fois supérieurs à l’offre, ce qui avait obligé à réduire les allocations. Ce record est tombé en janvier 2026. Gestionnaire du réseau d’oléoducs du pays, la Kenya Pipeline Company (KPC) a ouvert son introduction le 19 janvier. Le gouvernement a alors cédé 65 % du capital, soit 11,8 milliards d’actions à 9 shillings. Une opération majeure, qui a permis de lever environ 112 milliards de shillings (864 millions de dollars), au-dessus de l’objectif de 106,3 milliards. Elle marque le retour des introductions à Nairobi, après onze ans sans cotation. Les Kényans et les institutions locales, dont le fonds de sécurité sociale NSSF, ont absorbé 67,3 % de l’offre, ce qui leur donne 41 % du capital. Les distributeurs pétroliers, auxquels jusqu’à 15 % de l’offre était réservé, et les particuliers étrangers sont quant à eux restés largement à l’écart, en invoquant la valorisation et les risques politiques. À noter aussi qu’une partie des fonds levés a servi à alimenter le National Infrastructure Fund, le fonds étatique destiné à financer des projets ferroviaires, routiers et énergétiques.


Afrique australe : Steinhoff Africa Retail

En septembre 2017, le conglomérat Steinhoff International détache ses activités de distribution non alimentaire en Afrique et les introduit à la Bourse de Johannesburg sous le nom de Steinhoff Africa Retail (STAR). Le placement de 750 millions d’actions à 20,50 rands rapporte 15,38 milliards de rands, soit environ 1,2 milliard de dollars à l’époque. C’était alors la plus grosse introduction du continent depuis plus de dix ans. STAR réunit des distributeurs tels que Pep, Ackermans ou Bradlows, présents dans des milliers de points de vente, et fait immédiatement gonfler le poids du secteur de la distribution à la Bourse de Johannesburg. Le conte de fées se transformera toutefois vite en cauchemar : quelques mois plus tard, le groupe Steinhoff s’effondre dans un scandale comptable. Les activités africaines résistent toutefois et sont rebaptisées Pepkor Holdings, en août 2018, pour les distinguer des activités internationales de Steinhoff.



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Questions & réponses :

» Question 1 : Quelle est la plus grosse IPO d’Afrique du Nord mentionnée dans l’article ?

L’IPO de Maroc Telecom, réalisée en 2004, a permis de lever 8,94 milliards de dirhams, soit environ 945 millions de dollars.

» Question 2 : Quelle opération a marqué le marché ouest-africain ?

L’introduction de Seplat Energy en 2014, cotée simultanément à Lagos et à Londres, a permis de lever environ 500 millions de dollars.

» Question 3 : Quel rôle l’IPO de BGFI a-t-elle joué sur le marché financier d’Afrique centrale ?

L’introduction de BGFI Holding Corporation à la BVMAC, en mai 2026, a levé 45,3 milliards de FCFA et fait passer la capitalisation de la BVMAC de 479 à 1 658 milliards de FCFA.

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