Accueil À la Une CEDEAO : la BIDC passe à la vitesse supérieure

CEDEAO : la BIDC passe à la vitesse supérieure

Dr George Agyekum Donkor, Président de la BIDC ©BIDC

En cinq ans à peine, la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) a profondément changé de dimension. Sous l’impulsion de son président, le Dr George Agyekum Donkor, la banque a plus que doublé son portefeuille de prêts et consolidé sa crédibilité sur les marchés financiers internationaux. Aujourd’hui, elle affiche des financements records.


« Le développement ne se résume pas au capital. Il s’agit aussi de transformation. » Cette conviction guide l’action du Dr George Agyekum Donkor depuis sa prise de fonction en 2020, avec un objectif : faire de la BIDC un partenaire financier stratégique capable d’accompagner les grandes mutations économiques de l’Afrique de l’Ouest. Depuis sa création, la BIDC a investi plus de 5,41 milliards de dollars dans plus de 333 projets. Entre 2020 et 2025, son portefeuille de prêts est passé de 793,34 millions de dollars à 2,13 milliards de dollars, soit une progression de près de 170 %. Malgré une conjoncture mondiale difficile, la banque a largement dépassé les objectifs de son Plan stratégique 2021-2025, avec près de 4,13 milliards de dollars de financements approuvés et 2,37 milliards effectivement décaissés.


Développement des économies

Au-delà de ses performances financières, la BIDC revendique un impact concret sur le développement des économies ouest-africaines. À fin 2025, plus de 2,46 milliards de dollars avaient été consacrés aux infrastructures régionales, véritable colonne vertébrale de l’intégration économique. Les petites et moyennes entreprises (PME) ont bénéficié de près de 980 millions de dollars de financements, avec une attention particulière portée aux femmes entrepreneuses et à l’inclusion financière. D’importants investissements ont également été réalisés dans l’agriculture, l’industrie, la santé et l’éducation. « Ces interventions ont contribué à la création ou au maintien de plus d’un million d’emplois à travers l’Afrique de l’Ouest, tout en renforçant les économies locales, en développant leur résilience et en élargissant les opportunités offertes aux populations », résume le président de la BIDC.

« À fin 2025, plus de 2,46 milliards de dollars avaient été consacrés aux infrastructures régionales »

Financement de la transition énergétique

La transition énergétique est également devenue un axe majeur de l’action de la banque, avec des projets d’électrification solaire au Bénin, au Niger et en Sierra Leone. En Côte d’Ivoire, la BIDC soutient par ailleurs une unité de transformation et de conservation de produits maraîchers dans la région du Bélier, au centre du pays. Ce projet devrait générer plus de 500 emplois directs et indirects et bénéficier à plus de 1 000 ménages agricoles.

Dr George Agyekum Donkor, Président de la BIDC ©BIDC

Projets d’intégration régionale

Au-delà des investissements nationaux dont bénéficient tous les États membres de la CEDEAO – même si les niveaux d’investissement varient selon les priorités nationales –, la BIDC accompagne des projets favorisant l’intégration économique régionale. En témoigne son rôle historique d’actionnaire dans ASKY Airlines et dans Ecobank Transnational Incorporated, ou sa récente collaboration avec Afreximbank pour la mise en place d’un système unique de garantie du transit destiné à fluidifier les échanges commerciaux entre les États membres. « Dans ce dispositif, les garanties applicables aux marchandises circulant dans l’espace CEDEAO resteront valables depuis le point de départ jusqu’au bureau de douane de destination finale, quel que soit le nombre d’États membres traversés », explique le Dr George Agyekum Donkor.


Solidité financière

La montée en puissance de la BIDC s’appuie également sur une solidité financière considérablement renforcée. Depuis 2020, le bilan de la banque a progressé de 154 %, tandis que les ressources mobilisées sont passées de 60,83 millions à 582,41 millions de dollars. Les décaissements nets ont, eux aussi, plus que doublé pour atteindre 2,77 milliards de dollars en 2025.

L’opération la plus emblématique reste, sans doute, l’émission obligataire réalisée en 2022 sur le marché financier régional de l’UEMOA. D’un montant de 120 milliards de francs CFA (environ 183 millions d’euros), elle constitue la plus importante émission jamais réalisée par un émetteur non souverain depuis la création du marché régional. Sursouscrite et clôturée en seulement 48 heures, elle a confirmé la confiance des investisseurs dans la stratégie de la banque. « Ces réalisations constituent une base solide pour accroître nos opérations et financer des projets de plus grande envergure et à plus fort impact dans toute la région », se réjouit le Dr George Agyekum Donkor. Cette crédibilité nouvelle s’est également traduite par l’accréditation de la BIDC auprès du Fonds vert pour le climat et lui a permis d’émettre la première obligation verte, sociale et durable d’une banque de développement sur la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM).

« L’opération la plus emblématique reste, sans doute, l’émission obligataire réalisée en 2022 sur le marché financier régional de l’UEMOA »

Prochaine étape : croissance, résilience et optimisation

Pour le Dr George Agyekum Donkor, ces résultats ne constituent qu’une étape. La banque prépare désormais un nouveau cycle de développement à travers sa stratégie « Growth, Resilience and Optimisation » (GRO). Cette feuille de route s’articule autour de trois priorités : accroître les investissements dans les infrastructures et le secteur privé, renforcer la résilience des économies face aux chocs climatiques et économiques, et poursuivre la modernisation de la banque grâce à l’innovation, à une gestion renforcée des risques et à une capacité accrue de mobilisation des ressources. Dans une Afrique de l’Ouest confrontée à d’importants besoins en infrastructures, en industrialisation et en transition énergétique, la BIDC entend désormais consolider son statut de banque de référence du développement régional.



Lire aussi :

Article précédentLes plus grosses IPO africaines, région par région
Article suivantTourisme médical : l’Afrique exporte ses patients les plus fortunés