Le propriétaire de Cartier discute de son entrée au capital du consortium candidat au rachat du célèbre diamantaire sud-africain. Une opération qui rapprocherait le groupe de luxe suisse de ses sources d’approvisionnement en diamants naturels.
Le groupe suisse Richemont, propriétaire de Cartier et de Van Cleef & Arpels, pourrait entrer au capital de De Beers, l’un des principaux producteurs mondiaux de diamants. Selon l’agence d’information financière Bloomberg, le groupe dirigé par le milliardaire sud-africain Johann Rupert mènerait des discussions avancées pour rejoindre le consortium candidat au rachat du diamantaire, filiale d’Anglo American. Baptisé Global Diamond Consortium, ce groupe est conduit par Gareth Penny, ancien directeur général de De Beers, et réunit d’ores et déjà les gouvernements de Namibie et d’Angola ainsi que plusieurs sociétés associées à la filière du diamant (le Belge Pluczenik et le distributeur américain de bijoux Signet sont notamment cités dans le tour de table). Le montant de la participation de Richemont, qui disposait d’environ 9 milliards d’euros de trésorerie nette à la fin du mois de juin, reste toutefois inconnu pour l’heure.
Un enjeu stratégique pour le luxe
Pour le géant du luxe suisse, l’opération renforcerait le contrôle de l’approvisionnement en diamants naturels, matière première d’une joaillerie devenue son principal moteur de croissance et de rentabilité. Les analystes de RBC relativisent toutefois l’enjeu financier : «Nous considérons que la participation potentielle de Richemont revêt une importance stratégique, mais qu’elle relève davantage de l’image de marque et du positionnement à long terme dans le secteur des diamants naturels que d’un événement financier», indiquent ainsi les équipes de la banque canadienne dans une note. Fondé en 1888, De Beers exploite des mines en Afrique australe et au Canada. Il traverse une période difficile, entre ralentissement de la demande chinoise et essor des diamants synthétiques, moins coûteux. Anglo American cherche à s’en séparer depuis 2024 ; sa valeur comptable a été ramenée à 2,3 milliards de dollars en février. Selon Bloomberg, les discussions actuelles évoqueraient un prix de cession d’environ un milliard de dollars, assorti de paiements conditionnés aux performances futures.Détenteur de 15 % de De Beers, le Botswana négocie de son côté une hausse de sa participation à environ 25 %. De fait, toute offre dépendra aussi de Gaborone, qui n’a pas encore indiqué s’il exercerait son droit de préemption.

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