En réduisant de plus de 90 % les frais d’installation des compagnies aériennes, le Togo franchit une nouvelle étape dans sa stratégie visant à faire de Lomé un hub incontournable en Afrique de l’Ouest et à stimuler la concurrence régionale.
À l’occasion de la première réunion du Comité de supervision économique du transport aérien de la CEDEAO (ECATEOC), organisée les 2 et 3 juillet dans la capitale togolaise, le directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile du Togo (ANAC), le lieutenant-colonel Idrissou Ahabou Abdou, a annoncé une réduction spectaculaire des frais administratifs d’installation des compagnies aériennes. Jusqu’à présent, un transporteur souhaitant s’implanter au Togo devait débourser près de 200 millions de francs CFA (environ 350 000 dollars) pour obtenir les autorisations requises. Ce montant est désormais ramené à 3,5 millions de francs CFA (environ 6 100 dollars). « C’est une réduction de plus de 90 %. Comparée aux 25 % préconisés par la CEDEAO sur les redevances passagers, le Togo est déjà allé très loin », s’est félicité le directeur général de l’ANAC devant la presse, en marge de la réunion.
Une réduction de plus de 90 %
De fait, cette mesure va au-delà des engagements pris par la CEDEAO dans son acte additionnel adopté en décembre 2024, qui prévoit notamment la suppression de plusieurs taxes non directement liées au transport aérien ainsi qu’une réduction d’au moins 25 % des redevances passagers et de sécurité. En abaissant drastiquement les coûts d’installation, Lomé entend lever un frein majeur à l’arrivée de nouveaux opérateurs. L’objectif est clair : attirer davantage de compagnies aériennes, renforcer la concurrence et contribuer, à terme, à une baisse du prix des billets. Cette stratégie intervient alors que l’Afrique de l’Ouest reste l’une des régions les moins connectées du continent. En ouvrant les travaux de l’ECATEOC, le ministre togolais des Transports, Komlan Kadjé, a pour sa part réaffirmé l’ambition de faire de l’aéroport international de Lomé une plateforme incontournable en Afrique de l’Ouest. Selon les projections de la CEDEAO, une application intégrale de la réforme pourrait entraîner une baisse d’environ 40 % du prix des billets et une hausse de 20 à 30 % de la demande aérienne régionale.

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