Confirmé par le groupe nigérian Dangote, le projet de méga-raffinerie de Lamu suscite déjà une vive contestation. Greenpeace réclame la suspension immédiate des autorisations, estimant que cette infrastructure menace l’un des écosystèmes côtiers les plus fragiles d’Afrique de l’Est.
Dans un communiqué publié ce mardi 15 juillet, la célèbre ONG environnementale réclame la réalisation préalable d’une étude d’impact environnemental et social indépendante, qui serait rendue publique et soumise à une véritable consultation des populations locales. Selon Greenpeace, cette évaluation servirait notamment à mesurer les effets cumulés du projet porté par le groupe Dangote sur les mangroves, les récifs coralliens, les herbiers marins ainsi que sur les communautés de pêcheurs qui dépendent directement de ces ressources. « Ce projet menace l’un des écosystèmes côtiers les plus fragiles d’Afrique de l’Est tout en enfermant le Kenya dans une dépendance durable aux énergies fossiles », a notamment pointé du doigt Sherelee Odayar, responsable de la campagne pétrole et gaz de Greenpeace Africa, citée dans un communiqué publié par l’organisation ce mardi 15 juillet.
Un projet estimé à 17 milliards de dollars
L’annonce intervient une semaine après la confirmation par le groupe Dangote de Lamu, sur le littoral kényan, comme site d’implantation de cette raffinerie de 17 milliards de dollars, présentée par Nairobi comme le plus important investissement privé jamais réalisé dans le pays. Greenpeace conteste toutefois cet argument économique, l’organisation jugeant que les emplois créés seront essentiellement temporaires, concentrés sur la phase de construction, tandis que les secteurs de la pêche, du tourisme et des économies locales pourraient subir des pertes durables en cas de pollution ou de dégradation du littoral. À l’unisson de Greenpeace, plusieurs organisations de la société civile auraient également demandé au gouvernement d’organiser une consultation publique approfondie avant tout lancement des travaux, faute de quoi elles menaceraient de saisir la Haute Cour. De son côté, le conglomérat Dangote Industries a confirmé que les études de sol ainsi que les travaux d’ingénierie étaient d’ores et déjà engagés. La construction du complexe, estimée à une trentaine de mois, ferait de cette infrastructure la plus grande raffinerie d’Afrique de l’Est et constituerait le plus important investissement du groupe nigérian en dehors de son marché domestique.

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