Longtemps cantonnés aux guichets des opérateurs historiques, les transferts de fonds deviennent l’un des terrains les plus disputés de la finance africaine. Western Union, MoneyGram, Wise, banques, opérateurs de télécommunication, fintechs et spécialistes des cryptoactifs s’affrontent désormais sur le coût, la vitesse et l’accès aux devises… Une révolution discrète, mais décisive pour les ménages comme pour les chefs d’entreprise. Enquête. Par Pokou Ablé
Dans l’imaginaire collectif, le transfert de fonds renvoie à une scène familière impliquant un membre de la diaspora qui envoie 100 ou 200 euros à sa famille pour payer l’école, la santé, le loyer ou une urgence… Certes, ces flux conservent cette fonction première. En effet, lorsque les proches restés au pays traversent une crise ou font face à une dépense urgente, les migrants augmentent souvent leur soutien financier. C’est en ce sens qu’ils « agissent comme une assurance », rappelle l’économiste expert des transferts de fonds Dilip Ratha, puisqu’ils sont amenés à envoyer davantage d’argent « à la maison ». À tel point que, à l’échelle du continent, ces flux en viennent parfois à rivaliser avec les investissements directs é...
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