Architecte germano-burkinabè et lauréat du Pritzker Prize1, Diébédo Francis Kéré a grandi entre un village sans infrastructure et des salles de classe surchauffées, expérience fondatrice d’une pratique qui envisage l’architecture comme un instrument social autant qu’un art de bâtir. De la première école de Gando aux projets au Bénin, à Las Vegas ou à Rio de Janeiro, il défend des bâtiments pensés à partir des ressources locales, du climat, des communautés et de leurs économies informelles, plutôt que de modèles occidentaux importés. Dans cet entretien, il revient sur la manière dont ses voyages entre Nord et Sud ont nourri sa démarche, déplore la « fast architecture » qui ignore le temps long et la durabilité, et esquisse les contours d’une nouvelle grammaire architecturale africaine, où la construction devient aussi stratégie de développement économique et levier de formation.
Propos recueillis par Élodie Vermeil
Forbes Afrique : Quelle est votre définition de l’architecture ?
Francis Kéré : Je dirais que l’architecture est l’aboutissement de la motivation de l’être humain à se créer un endroit pour se loger, pour s’abriter, pour se protéger. C’est un lieu qui doit tenir compte de l’aspect culturel, des habitudes que nous avons, et qui nous convient vraiment. Il y a, bien sûr, une tendance à la modernisation, mais cette modernisation doit se faire selon la nécessité, en respectant la culture propre à chaque communauté.
Comment êtes-vous venu à l’architecture ?
F. K. : C’est une volonté très personnelle, qui part de mon histoire. À l’âge de sept ans, j’ai dû quitter mon village natal pour aller d’abord à l’école primaire à Tenkodogo, à 15 km de Gando, puis à Fada N’Gourma [ville située à quelque 200 km à l’est de Ouagadougou, NDLR], dans une école dirigée par des Franciscains français. Je me suis retrouvé dans des salles de classe surchauffées qui comptaient plus de cent élèves étouffés par la chaleur, au point que la moitié s’endormait. En plus de cette chaleur écrasante, il y avait très peu de lumière à l’intérieur alors que dehors la lumière naturelle était éblouissante, et nous étions assis sur des bancs inconfortables qui se cassaient, s’abîmaient.
La première chose que j’ai pu faire pour agir, c’est de devenir apprenti charpentier, puis menuisier, ce qui m’a donné une certaine visibilité auprès des enseignants, qui ont beaucoup apprécié ce que je faisais. Ensuite, j’ai obtenu un stage de 18 mois en Allemagne2 : je savais faire un toit, mais pas des murs, et j’ai demandé à apprendre à construire ces murs et à dessiner, pour pouvoir, plus tard, construire des bâtiments chez moi.
« La première chose que j’ai pu faire pour agir, c’est de devenir apprenti charpentier, puis menuisier »
À ce moment-là, je n’avais pas le baccalauréat, donc j’ai décidé de le passer ; je l’ai décroché à 30 ans, ce qui m’a permis de commencer des études d’architecture [à l’Université technique de Berlin, NDLR]. Ma motivation était claire : apprendre à construire de meilleures maisons et de meilleurs bâtiments, des toits qui protègent de la chaleur, des salles de classe bien aérées… C’est cette motivation qui m’a conduit à mon premier projet, l’école primaire de Gando3, dans mon village, avec cette idée de rendre à la communauté et d’améliorer ses conditions de vie, en permettant à tous d’apprendre à lire et à écrire dans de bonnes conditions, et faire en sorte que les enfants puissent avoir accès à l’éducation sans avoir à quitter leur village.

Votre parcours vous fait voyager entre différentes cultures, économies et climats. Qu’est-ce que cette expérience apporte à votre approche de l’architecture ?
F. K. : Le fait de voyager entre beaucoup de cultures et d’économies différentes – entre le Nord et le Sud global, mais aussi entre des climats froids et chauds – a été déterminant. Cela m’a donné la capacité d’intégrer dans ma pensée et dans mon architecture les éléments de chaque culture que je trouve pertinents, de les adapter et de les combiner. D’un côté, j’ai connu l’abondance des moyens, par exemple en Allemagne, où presque tout est possible ; de l’autre, je retournais chez moi, où il y a beaucoup d’enthousiasme, mais peu de moyens, et où il faut se baser sur ce qui existe déjà.

Comment abordez-vous, concrètement, un projet au Burkina Faso et un projet à Las Vegas, qui semblent a priori si différents ?
F. K. : Le point de départ est moins différent qu’on pourrait le croire. À Gando, je me suis appuyé sur une tradition culturelle où l’on ne construit pas seul : toute la communauté participe, les voisins, les proches, tout le monde. Intégrer tout le monde était indispensable, d’abord parce que je n’avais pas un grand budget pour faire l’école, ensuite parce que je voulais que les gens comprennent la technique. La vie d’un être humain est limitée, ma capacité aussi, donc je voulais que des jeunes de Gando maîtrisent cette manière de construire pour pouvoir réparer l’école le jour où je ne serai plus là. Cela m’a obligé à expliquer, encore et encore, à intimement associer la communauté au projet : quand on explique, les gens se sentent concernés, ils deviennent fiers du résultat final, se l’approprient.
À Las Vegas [où Francis Kéré a développé le projet de construction du Las Vegas Museum of Art, inspiré du désert du Mojave et de la tradition locale du bâtiment, NDLR], le contexte est différent, mais le dénominateur commun reste l’être humain. On m’a parlé d’une population locale d’environ 2,4 millions d’habitants, qui font vivre des dizaines de millions de touristes par an, ceux qui viennent chercher le bonheur, se marier, jouer au casino. Pourtant, ces habitants n’avaient pas vraiment été considérés jusqu’ici.

Lors de mes premiers voyages, j’ai parcouru les différentes communautés : ceux qui possèdent et sont là depuis plusieurs générations, ceux qui sont arrivés pour travailler. On m’a demandé de créer un lieu où cette communauté puisse s’identifier, en me confrontant à la fois à la nature du désert et à la technologie de la ville. J’ai rencontré des gens qui, matériellement, ont tout, mais qui étaient émerveillés lorsqu’ils ont compris que je leur disais : « Vous avez surtout une nature extraordinaire autour de vous, que personne ne voit ». J’ai proposé d’utiliser une pierre que j’ai trouvée sur place, pour patrimonialiser cet environnement et leur culture, les faire exister autrement qu’à travers les machines à sous ou les chapelles de mariage.
À Gando comme à Las Vegas, il s’agit de travailler avec la communauté, de reconnaître sa place et de choisir des matériaux locaux et naturels qui reflètent aussi la culture du lieu.
Comment définiriez-vous votre « griffe » d’architecte, ce qui vous distingue ?
F. K. : Ma signature, c’est d’abord une approche communautaire, mais surtout une écoute profonde. Il faut avoir le courage de s’asseoir et d’écouter les gens, de laisser la parole circuler, même si cela prend du temps. Cela introduit une petite part de fantaisie, presque de conte de fées, un supplément d’âme dans le travail. Les habitants me disent souvent : « Nous ne savions pas qu’il nous écoutait », et puis ils découvrent le projet et se rendent compte que des choses qu’ils avaient dites se retrouvent dans l’architecture, alors qu’ils ne les avaient pas imaginées ainsi. C’est ce qui fait que les projets sont bien accueillis.
« Ma signature, c’est d’abord une approche communautaire, mais surtout une écoute profonde »
Ensuite, je consacre beaucoup d’énergie à comprendre le lieu. Le lieu, ce n’est pas seulement le site physique ; ce sont aussi les acteurs clés, les figures du territoire, les ressources abondantes que l’on peut mobiliser. Il s’agit de tout faire pour saisir ce contexte élargi, et d’y associer des matériaux qui ne font pas beaucoup de mal à l’environnement, des matériaux locaux et naturels.


On sent dans votre méthode une forme de travail presque sociologique en amont des projets.
F. K. : Oui, il y a cette dimension-là. Quelqu’un a dit un jour que les architectes sont des sociologues ratés ; cela m’a fait sourire, mais il y a une part de vérité. L’architecte doit interroger, observer, rencontrer les personnes-ressources, celles qui peuvent accompagner le projet. Ce travail d’écoute et d’enquête est exigeant, mais il permet d’éviter des blocages, de faire émerger une véritable appropriation, et de donner à l’architecture cette dimension sociale qui, pour moi, est essentielle.
« L’architecte doit interroger, observer, rencontrer les personnes-ressources, celles qui peuvent accompagner le projet »

Vous dites que votre architecture est un instrument social et que la durabilité est d’abord une question de continuité. Pouvez-vous nous décrire concrètement votre méthodologie lorsque vous commencez un chantier, notamment en Afrique ?
F. K. : En Afrique, la première chose est de vérifier le foncier : on peut vous dire qu’un site est disponible, mais il faut vraiment savoir à qui il appartient. Il y a souvent une mémoire collective très précise, même si ce n’est pas inscrit officiellement, et les gens savent très bien qui est lié à tel terrain. Ensuite, je cherche à identifier les personnages clés du lieu, ceux qui influencent la communauté, qui la représentent.
Je regarde aussi ce qui est abondant autour de nous et que nous pourrions intégrer dans la technique de construction : matériaux, savoir-faire, ressources humaines. Enfin, j’essaie de voir s’il y a une « réserve » de jeunes, souvent des personnes qui envisagent de partir chercher leur avenir ailleurs. Si on les intègre au chantier, cela donne de la crédibilité au projet et cela leur permet de gagner leur vie ; en Afrique, c’est absolument crucial.
Dans plusieurs pays – Burkina Faso, Togo, Ouganda, Kenya –, j’ai constaté des ressemblances frappantes : les jeunes quittent les zones rurales parfois sans jamais revenir, alors qu’ils pourraient travailler sur place. Quand on les forme et qu’on les emploie sur les chantiers, on crée des compétences, des emplois, et on contribue à stabiliser les communautés rurales, limitant ainsi l’exode et la pression sur les villes.
Nous avons ainsi organisé des workshops qui ont regroupé plus de 300 personnes, formées par mes équipes à la mise en œuvre des matériaux locaux, notamment la terre. Certains deviennent de véritables experts, savent où se trouvent les matériaux, comment les transformer, et sont ensuite engagés par des entrepreneurs. C’est une manière très concrète de faire de la durabilité une stratégie de développement économique, en valorisant des ressources qui étaient jusque-là négligées.

Quel regard portez-vous sur l’architecture contemporaine et, plus particulièrement, sur l’architecture africaine aujourd’hui ?
F. K. : La durabilité est directement liée au bon choix des matériaux et à leur mise en œuvre. Or, la modernité telle qu’elle s’exprime souvent dans l’architecture est dominée par la vitesse : tout doit aller très vite, avec des matériaux qui n’ont pas été testés dans le temps, mais qui sont à la mode. Comme toutes les modes, cela passe, mais l’architecture, elle, reste ; c’est là que cela devient dangereux, surtout pour des familles qui engagent toutes leurs économies dans une maison.
« La fast-architecture, comme la fast-fashion va vite mais ne tient pas compte du climat, de l’économie sociale ni du temps long, et cela devient très dangereux »
On pourrait parler de fast-architecture, comme on parle de fast-fashion. L’uniformisation des bâtiments sans tenir compte des réalités locales – climat, économie sociale – est très préoccupante. En Afrique, beaucoup de décideurs restent fascinés par le modèle occidental et cherchent à l’imposer tel quel, sans l’interpréter ni l’adapter. À cela s’ajoute la peur d’investir davantage au départ pour obtenir des solutions réellement durables, alors qu’à long terme, elles sont plus économes et plus résilientes.
« On estime que plus de 95 % de ce qui se construit en Afrique se fait sans architecte, sans urbaniste, sans véritable motivation de bien faire, ce qui conduit à des chantiers chaotiques, souvent en dépit du bon sens, y compris dans des zones fragiles ou critiques »
Il faut ajouter un autre facteur : les agendas politiques. La croissance démographique et l’urbanisation rapide créent une pression énorme, et les responsables politiques veulent des résultats visibles très vite, avant la fin de leur mandat. Résultat : on sacrifie l’économie sociale, la durabilité, la qualité des constructions. On estime que plus de 95 % de ce qui se construit en Afrique se fait sans architecte, sans urbaniste, sans véritable motivation de bien faire, ce qui conduit à des chantiers chaotiques, souvent en dépit du bon sens, y compris dans des zones fragiles ou critiques.

Quelles sont, selon vous, les spécificités africaines qui obligent à repenser le vocabulaire architectural ?
F. K. : L’Afrique est souvent décrite comme un laboratoire à ciel ouvert pour des réponses à la fois low-tech et high-tech aux crises climatiques et sociales, et il y a une part de vérité. Nous avons adopté des modèles occidentaux, à travers les normes, sans les adapter aux réalités locales, alors que c’est indispensable pour bien construire. Il faut tenir compte du climat, des économies informelles, des tissus communautaires, de ce que j’appelle l’économie sociale, qui devrait être intégrée à la façon de concevoir et d’ériger les édifices.
Les défis sont immenses : explosion démographique, urbanisation accélérée, masse de projets à réaliser dans des délais très courts. Dans ces conditions, on ne tient pas compte des qualités de construction, on ne pense pas à l’environnement, qui devient secondaire. Le changement climatique aggrave tout : les pluies extrêmes, par exemple, provoquent des effondrements, parce que les structures sont mal construites et vulnérables. Pourtant, je reste optimiste, car les citoyens prennent de plus en plus conscience qu’il faut faire autrement.
Quand vous observez les projets qui émergent aujourd’hui en Afrique, percevez-vous un mouvement, une grande tendance architecturale spécifique au continent ? Peut-on parler de l’émergence d’une école africaine ?
F. K. : C’est difficile de dire « oui » à cent pour cent, parce que la diversité du continent est immense. Mais si l’on regarde le contenu des projets, on voit une tendance : on parle beaucoup de bioclimatisme, de matériaux naturels, de terre, de techniques ancestrales, de l’économie locale. Des choses qui, autrefois, étaient presque taboues ou considérées comme un retour en arrière deviennent aujourd’hui des sujets de conversation légitimes, voire à la mode, dans le bon sens du terme.
Il y a bien sûr des particularités régionales : le monde anglophone reste dans son coin, le monde francophone dans le sien, l’Afrique de l’Est et l’Afrique du Sud ont leurs propres dynamiques. Mais lorsqu’on écoute attentivement, on sent un écho commun, une tendance qui parle local, qui parle du Sud global, même si les voies restent multiples.
Si l’on se projette à l’horizon 2040-2050, à quoi pourrait ressembler une ville africaine qui aurait pleinement intégré les leçons de la durabilité, de l’innovation technologique et de la culture dans son architecture ? Commence-t-on à voir des signaux en ce sens ?
F. K. : Oui, on commence à en voir. Toutes les commandes que je reçois aujourd’hui d’Afrique vont dans ce sens : partout sur le continent, on nous demande de venir, de construire des cliniques au Burundi, de travailler en Afrique du Sud, avec cette insistance sur notre manière d’intégrer les matériaux locaux et de former les populations.
Je pense qu’à un moment donné, nous aurons suffisamment d’exemples pour qu’il n’y ait plus de retour en arrière : les gens verront que ce dont on parle peut devenir une réalité, que cela peut même baisser fortement les coûts à long terme. La latérite, par exemple, coûte cher à extraire, mais une fois intégrée dans un bâtiment, elle peut durer cent ans ou plus. Le problème, c’est que les visions des décideurs sont souvent conditionnées par des agendas politiques très court-termistes, orientés vers la prochaine élection.
Mais plus il y aura d’exemples, plus les citoyens pourront comparer la qualité à la mascarade. Ils verront qu’on peut construire autrement, avec des matériaux locaux, et obtenir des bâtiments confortables, durables, qui valorisent les savoir-faire. C’est là que la pression s’exercera pour un véritable changement de paradigme.
Cette transformation passe aussi par la formation. Avez-vous le projet de créer une école d’architecture en Afrique ?
F. K. : Créer une école demande beaucoup de personnel, de capacités financières et de compétences en gestion. Pour l’instant, je me concentre sur la formation directe et professionnelle. Nous avons récupéré, à Ouagadougou, un ancien dépôt de matériaux, des restes que personne n’utilisait, et nous les avons transformés en prototypes pour montrer à nos nouveaux adhérents ce que cela signifie, pour tester des solutions que nous pourrons ensuite intégrer dans nos projets.
Nous formons déjà des artisans, des techniciens, des compagnons à la mise en œuvre et à la maîtrise d’œuvre, d’abord pour nos propres besoins, puis au-delà. Pourquoi ne pas imaginer, un jour, rejoindre une école existante ou créer une structure avec des partenaires solides, afin de promouvoir une architecture qui tienne compte des enjeux climatiques et surtout économiques ? L’idée serait plutôt de s’appuyer sur des institutions déjà là plutôt que de tout recommencer à zéro.
Vous parliez tout à l’heure de « chercher un diamant dans la boue ». Qu’entendez-vous par là ?
F. K. : Moi, je me suis concentré sur la terre. J’ai l’habitude de dire que j’ai fouillé dans la boue, pour ne pas dire dans la merde, et que j’ai découvert un diamant. Ce diamant, c’est ce matériau que l’on méprisait souvent, mais qui s’est révélé capable de donner une grande reconnaissance, et surtout de montrer à beaucoup de jeunes qu’on peut travailler avec ce que l’on a, faire des choses modernes, et gagner de la lumière, au sens symbolique.
Le nombre de parents qui viennent me voir pour me dire qu’ils veulent que leurs fils ou leurs filles deviennent architectes est incroyable, au point que cela me donne le vertige. Ils voient que, si l’on fait un travail de qualité en architecture, on peut obtenir de la visibilité, une reconnaissance personnelle, sans passer par la politique. Et cette reconnaissance vous permet de créer encore plus ; c’est pour cela que je suis optimiste : il y aura de plus en plus d’architectes qui sauront qu’on peut faire autrement et, comme je le dis, « gagner de la lumière ».
Quel est le projet dont vous êtes le plus fier, et pourquoi ?
F. K. : Le projet dont je suis le plus fier reste mon premier bâtiment, l’école de Gando. J’ai eu le courage d’y aller sans expérience : j’étais encore étudiant quand j’ai décidé de mobiliser une population qui ne me connaissait pas, de convaincre une communauté entière de suivre un maçon pour apprendre une nouvelle manière de construire. J’ai dû expliquer à tout le monde qu’il était possible de faire mieux avec ce que nous avions, et construire un bâtiment moderne, bien pensé. Je ne savais pas que cela m’amènerait aussi loin, mais j’en suis fier.
Je suis également fier d’autres projets qui montrent qu’il existe des dirigeants capables de respecter le temps long de l’architecture. Au Bénin, par exemple, le président Patrice Talon a demandé que l’on respecte ce que propose l’architecture, et il est très rigoureux sur ce point. Cela donne du courage ; prouve qu’il y a des responsables avec une vision.
Enfin, je suis très fier du projet de la Bibliothèque des savoirs, une grande bibliothèque à Rio de Janeiro, qui est aujourd’hui notre plus grand projet. J’y vois aussi un symbole : je vais ouvrir le Carnaval de Rio aux côtés du président, et c’est une forme de reconnaissance qui, pour moi, renvoie directement à ce petit garçon assis dans une salle de classe surchauffée, qui rêvait de meilleures écoles.


[1] Le Pritzker Prize récompense les architectes qui apportent une contribution significative à l’architecture. En 2022, Francis Diébédo Kéré est devenu le premier Africain à recevoir cette distinction suprême de la profession, souvent comparée à l’équivalent du prix Nobel.
1. Après Fada N’gourma, Francis Kéré est parti pour Ouagadougou, où il a obtenu par le biais de la Carl Duisberg Society une bourse du gouvernement allemand pour étudier la menuiserie.
2. Après Fada N’gourma, Francis Kéré est parti pour Ouagadougou, où il a obtenu par le biais de la Carl Duisberg Society une bourse du gouvernement allemand pour étudier la menuiserie.
3. Pendant ses études, en 1998, Francis Kéré crée l’association Schulbausteine für Gando (« Des briques pour l’école de Gando ») pour financer son premier projet, une école primaire dans son village natal. Cette école typique de la « façon Kéré », réalisée en collaboration avec les habitants du village dans des matériaux naturels consolidés, est achevée en 2001 et obtient en 2004 le prestigieux Prix d’architecture Aga Khan.