Annoncée fin 2025 mais suspendue en raison d’un différend avec un distributeur local, la cession du kényan East African Breweries Limited (EABL) par le géant britannique Diageo a été définitivement validée par la justice kényane ce jeudi 9 avril.
Appelé à statuer sur un différend entre East African Breweries (EABL) et l’un de ses anciens distributeurs, Bia Tosha, un tribunal de Nairobi a rejeté la requête visant à bloquer la cession par le groupe Diageo de sa participation majoritaire dans le brasseur kényan au groupe japonais Asahi. À l’origine du recours, l’entreprise Bia Tosha, ancien distributeur d’EABL, contestait la transaction en invoquant un différend commercial remontant à 2016 et demandait la suspension du deal, estimé à 2,3 milliards de dollars, le temps de régler ce litige. La justice kényane a finalement jugé la demande irrecevable, permettant ainsi à l’opération de suivre son cours.
Le groupe Asahi à la conquête du marché africain
Une bonne nouvelle pour Diageo, le premier producteur mondial de spiritueux (Johnnie Walker, Smirnoff, Captain Morgan…) amorçant depuis quelques années un désengagement de son activité bière en Afrique, qui pèse peu dans son chiffre d’affaires global (20,2 milliards de dollars en 2025). En 2023, le groupe britannique a cédé sa filiale Guinness Cameroun au français Castel avant de vendre, en octobre 2024, sa participation dans Guinness Nigeria au singapourien Tolaram. Quant au japonais Asahi, groupe déjà présent à l’international sur les segments de la bière, des boissons alcoolisées et non alcoolisées, ainsi que de l’agroalimentaire, l’acquisition d’EABL – premier brasseur d’Afrique de l’Est – représente une porte d’entrée stratégique sur un marché africain en forte croissance, où la classe moyenne et la consommation de boissons premium progressent rapidement.
