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Madagascar : Le Japonais Sumitomo se Retire du Projet Minier Ambatovy

Pilier de l’industrie extractive malgache, le projet minier Ambatovy entre dans une nouvelle phase d’incertitude. Actionnaire historique, le groupe japonais Sumitomo a annoncé la cession de l’intégralité de ses parts.  


Annoncé le 1er mai, le désengagement de Sumitomo intervient à l’issue d’une revue stratégique approfondie, dans un contexte marqué par la baisse des prix du nickel et des difficultés opérationnelles persistantes. Dans le détail, l’opération prévoit le transfert des 54,17 % de participation du groupe nippon à une structure basée à Jersey, Ambatovy Mineral Resources Investment Holding (AMRI), elle-même présentée comme un consortium d’investissement piloté par Essenwood Partners Limited et Zungu Investments.  Une bien mauvaise affaire pour Sumitomo, l’opération se traduisant dans les faits par une cession à perte estimée à 66,9 milliards de yens (environ 425 millions de dollars). La finalisation de la transaction est quant à elle prévue au premier semestre de l’exercice fiscal se clôturant en mars 2027.


Un Projet Titanesque de 8 Milliards de Dollars

Lancé en 2009 pour un coût d’environ 8 milliards de dollars, Ambatovy a fait du nickel et du cobalt le premier produit d’exportation de la Grande-Île et ambitionnait de produire jusqu’à 60 000 tonnes de nickel par an. Situé non loin de la ville côtière de Toamasina, le projet minier n’a cependant jamais pleinement atteint ses capacités, entravé par des incidents techniques, des interruptions liées aux aléas climatiques — dont le cyclone Gezani en 2026 — et un environnement de marché défavorable. En 2024, la production n’a ainsi atteint que 28 000 tonnes, bien en deçà des objectifs initiaux.

À ce stade, les autorités malgaches ne se sont pas encore exprimées sur le retrait du groupe japonais, qui intervient à un moment où le pays s’efforce de relancer son secteur extractif et de séduire de nouveaux investisseurs. De fait, l’enjeu est considérable : le nickel représente près d’un quart des exportations du pays. Les autorités malgaches devraient toutefois chercher à rassurer rapidement les investisseurs dans un contexte de relance du secteur minier, récemment libéralisé après la levée d’un long moratoire. À moyen terme, l’évolution des cours du nickel et du cobalt— récemment orientés à la hausse — pourrait par ailleurs redonner des perspectives au projet. Reste à savoir si ce changement d’actionnariat permettra (enfin) à Ambatovy de concrétiser son potentiel industriel.



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