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Meza Malonga : L’Afrique dans une assiette

Originaire du Congo-Brazzaville et passionné de gastronomie africaine, Dieuveil Malonga est devenu un talent incontesté de la diplomatie culinaire du continent. Il officie avec maestria, dans son restaurant gastronomique kigalois, au Rwanda, pays inspirant aux « mille saveurs ».

Par Christian Abégan


Dieuveil Malonga aime manger. Petit, au village, au Congo-Brazzaville, celui que sa grand-mère chouchoute goûte à tout. Sans pour autant s’intéresser à la cuisine. « Je mangeais par plaisir, j’aimais et j’aime toujours manger. »

Arrivé en Allemagne, pour poursuivre ses études secondaires, il est confronté au choc des cultures. « Il faisait froid, il y avait la barrière de la langue, et les recettes du pays, de ma grand-mère me manquaient, confie-t-il. Grâce à la cuisine, je me suis intégré. »

En effet, sa mère adoptive l’initie à la cuisine. Au collège, il saisit l’opportunité qu’offre le système éducatif allemand, très axé sur l’apprentissage, pour prendre ses premières leçons. Puis, s’oriente vers des études supérieures dans ce domaine. Trois ans plus tard, un chef est né.

Kigali, le panafricanisme culinaire


Un chef qui met l’Afrique au cœur de sa cuisine. « J’ai toujours été inspiré par la cuisine de mon enfance. C’est ce qui me motive à faire ce que je fais aujourd’hui. » Si l’idée d’ouvrir son premier restaurant en Afrique est une évidence pour le jeune homme, reste à savoir où. Et il prend son temps, quatre années précisément, à parcourir, découvrir et redécouvrir le continent. « Conjuguer la cuisine africaine au pluriel afin de la faire comprendre », explique-t-il. Enfin, il pose ses couteaux et casseroles à Kigali, capitale du Rwanda, en 2018, et inaugure son établissement en 2020.

« J’aime la verdure, et ici, nous sommes gâtés. C’est ce qui m’a tout de suite plu. Ensuite, il est très facile d’acheter un terrain au Rwanda grâce à la transparence, la sécurité, la stabilité, la politique panafricaine et l’ouverture aux autres pays… Le côté innovation et l’utilisation de la technologie dans tous les secteurs, y compris l’agriculture, m’ont aussi attiré. Mais, en premier lieu, c’était la terre. »




De la ferme à la table

Car la terre est au cœur du concept et du modèle économique de Meza Malonga, son restaurant. « J’ai toujours eu cette idée de développer le concept de la ferme à la table. Un projet qui a immédiatement connecté avec Musanze, au nord du Rwanda, où j’ai installé notre ferme. » Si les débuts, en mars 2020, sont bousculés par la pandémie, ils vont également conforter le modèle élaboré par Dieuveil.

« Quand nous avons dû fermer à cause du confinement, nous l’avons pris positivement, pour développer la ferme, former le personnel, etc. Et, quand le confinement a été levé, mais les frontières toujours fermées, nous nous sommes concentrés sur la clientèle locale, devenue aujourd’hui notre clientèle principale. Des touristes réservent mais ce sont essentiellement des gens du coin qui viennent et qui reviennent. Cette clientèle d’habitués nous booste et nous pousse à être créatif, à nous renouveler constamment. »

Sa cuisine, parfois qualifiée d’afro-fusion, se veut à la fois locale et panafricaine. « Nous nous inspirons des plats de nos grands-mères, des spécialités de différents pays. Mais, chez nous, pas de menu. Nous proposons aux clients ce qui est disponible, c’est-à-dire selon les produits disponibles dans notre ferme. »

La crise actuelle en Ukraine a bouleversé les chaînes d’approvisionnement. Une nouvelle opportunité pour Dieuveil de conforter sa production locale. « Il n’y a plus de farine, pas de problème, nous avons notre blé et nous fabriquons notre propre pain !”

L’équipe du restaurant Meza Malonga, à Kigali

Très axé sur la transmission, le chef Malonga travaille actuellement sur un nouveau projet : un restaurant directement implanté dans sa ferme de Musanze. « Les clients verront ainsi comment on plante, comment on produit, comment on cuisine. » De même, il a mis l’accent sur le volet formation. L’idée : « former des chefs qui vont en former d’autres. Au moins deux, tous les deux ans ».

Crédit Photo : ©Chris Schwagga


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