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Ousmane Boly Traoré, Directeur Général d’Orange Guinée : « Être un Champion National, Ce n’est Pas un Titre, c’est une Responsabilité Quotidienne »

Acteur historique des télécommunications en Guinée, Orange s’est imposé comme leader du marché avec une couverture de plus de 95 % de la population en 3G et plus de 90 % en 4G. Une situation sans doute facilitée par le départ – ou les difficultés – d’autres concurrents historiques. Mais aujourd’hui, la stratégie de l’opérateur ne se limite plus à la connectivité. Avec Max It, Orange Guinée amorce un virage vers un modèle de plateforme. Entretien avec son directeur général, Ousmane Boly Traoré.

Propos recueillis par Pokou Ablé


Forbes Afrique : Orange Guinée est arrivé cinquième sur un marché qui comptait déjà quatre opérateurs en 2007. Dix-huit ans plus tard, vous êtes leader. Comment l’expliquez-vous ?

Ousmane Boly Traoré : Par le respect de nos engagements. Quand Orange est arrivé en Guinée, l’État nous a assigné un cahier des charges ambitieux. L’actionnaire a suivi, et nos équipes ont sillonné tout le pays pour déployer un réseau moderne. Aujourd’hui, nous couvrons quasiment toute la population en 2G, plus de 95 % en 3G et plus de 90 % en 4G. Cette position, on ne la doit pas à un avantage de départ – on est parti dernier – mais à une constance dans l’investissement : environ 1 000 milliards de francs guinéens par an depuis plusieurs années.

 » Aujourd’hui, nous couvrons quasiment toute la population en 2G, plus de 95 % en 3G et plus de 90 % en 4G « 


Quel regard portez-vous sur l’état actuel du marché ?

O. B. T. : Le marché a connu de vrais progrès. Selon l’ARPT [l’Autorité de régulation des postes et télécommunications, NDLR ], on enregistrait plus de 12 millions d’utilisateurs des services de téléphonie au deuxième trimestre 2025. Sur la voix, on peut parler de maturité. Mais sur l’Internet mobile, le mobile money, les services aux entreprises, nous sommes en pleine expansion. Le nombre d’utilisateurs de l’Internet mobile est passé de 6,6 (T2 2024) à 8,3 millions (T3 2025) en un an, soit 26 % de croissance. Et le taux de pénétration de l’Internet fixe reste en dessous de 4 %. Les marges de progression sont considérables.


Orange Guinée se présente comme un « champion national ». Qu’est-ce qui le justifie ?

O. B. T. : Les faits. Orange Guinée est le premier contribuable du pays, avec une contribution globale de 6 812 milliards de francs guinéens en 2024. Nos fournisseurs locaux ont bénéficié de marchés s’élevant à 1 371 milliards la même année. Nous employons plus de 530 collaborateurs permanents et un réseau indirect de plus de 135 000 agents distributeurs. Au-delà des chiffres, il y a un engagement concret : plus de 7 500 jeunes formés au numérique via Orange Digital Center, un centre d’hémodialyse financé à hauteur de 7 milliards à l’hôpital Sino-Guinéen de Conakry, 35 000 arbres plantés autour de zones critiques pour la sécurité hydrique. Être un champion national, ce n’est pas un titre, c’est une responsabilité quotidienne.

 » Être un champion national, ce n’est pas un titre, c’est une responsabilité quotidienne »


Quelle est votre politique en matière de sous-traitance locale ?

O. B. T. : C’est une politique ancrée dans le groupe. Près de 1 400 milliards de francs guinéens sont alloués chaque année à des prestataires locaux. Les investissements en matière de pylônes et de pose de fibre sur l’ensemble du territoire sont assurés par des entreprises guinéennes qui ont développé une expertise avérée au fil de plusieurs années de collaboration avec nous.

Siège social Orange Guinée

Orange Money compte plus de 3 millions de comptes actifs. Quelle place dans votre stratégie ?

O. B. T. : Une place centrale. Selon la GSMA, la contribution du mobile money au PIB guinéen est estimée entre 5 et 8 %. C’est un levier d’inclusion financière majeur dans un pays où une grande partie de la population n’a pas accès au système bancaire classique. Nous souhaitons aller plus loin, notamment par le pico-crédit, à travers Orange Microfinance Guinée.

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Quelle est la logique derrière Max It ?

O. B. T. : La convergence. Max It agrège dans une interface unique des services jusqu’ici dispersés – télécommunications, services financiers, e-commerce, relation client. En ouvrant la plateforme à des mini-apps développées par des startups locales, nous fédérons un écosystème. L’objectif : simplifier la vie de nos clients et créer de la valeur partagée avec des acteurs guinéens.

 » En ouvrant la plateforme Max It à des mini-apps développées par des startups locales, nous fédérons un écosystème « 


En quoi cette « super-app » est-elle plus qu’un simple outil commercial ?

O. B. T. : En ouvrant la plateforme à des mini-apps développées par des startups locales, nous cherchons à fédérer un écosystème. Cette approche répond à un double enjeu : accélérer l’inclusion numérique et financière, et nous inscrire comme partenaire structurant de la transformation digitale engagée par l’État dans le cadre de « Simandou 2040 ». Max It constitue une brique dans notre stratégie de diversification.


Quels relais de croissance voyez-vous en dehors de la téléphonie classique ?

O. B. T. : Nous souhaitons nouer des partenariats locaux pour digitaliser des secteurs comme l’éducation, la santé, l’agriculture, l’énergie. Dans l’éducation, l’offre « Magoé », réalisée avec un partenaire guinéen, permet déjà aux élèves d’accéder à des cours et exercices en ligne. Le champ des possibles est formidable.

« Nous souhaitons nouer des partenariats locaux pour digitaliser des secteurs comme l’éducation, la santé, l’agriculture, l’énergie »


Le programme « Simandou 2040 » est présenté comme le catalyseur du développement guinéen. Comment Orange s’y inscrit-il ?

O. B. T. : « Simandou 2040 », c’est 5 piliers et 122 projets qui impliquent tous une transformation digitale. M-agriculture, m-santé, smart cities, e-éducation, m-finance : le champ est immense. Notre rôle sera de mettre à disposition des réseaux et des plateformes de qualité pour accompagner cet envol. Cela suppose une mobilisation considérable en termes d’investissement et d’innovation.


La souveraineté numérique est un sujet montant sur le continent. Est-ce le cas en Guinée ?

O. B. T. : C’est un enjeu stratégique majeur. Nous travaillons avec les autorités pour garantir la protection des données personnelles et la sécurité de nos réseaux. C’est un impératif qui ne fera que croître à mesure que les usages se multiplieront.


Comment conciliez-vous couverture territoriale et rentabilité ?

O. B. T. : Les deux ne sont pas contradictoires. Pour les zones à faible potentiel, il existe le Fonds de couverture universelle, financé par une redevance de 1,5 % du chiffre d’affaires des opérateurs. Ce mécanisme permet de mutualiser l’effort.


Pensez-vous que la Guinée puisse devenir un hub numérique régional ?

O. B. T. : Avec « Simandou 2040 », c’est réaliste. Le programme prévoit le renforcement des backbones, le lancement de nouveaux câbles sous-marins, le développement de l’écosystème d’innovation et le renforcement de la cybersécurité. Les fondamentaux sont là.


Un dernier mot ?

O. B. T. : Nous nous efforçons chaque jour de proposer des services meilleurs, plus accessibles, qui touchent l’ensemble de la population. Notre ambition reste intacte : créer pour chaque Guinéen une opportunité d’inclusion numérique pour améliorer son quotidien.

« Notre ambition reste intacte : créer pour chaque Guinéen une opportunité d’inclusion numérique pour améliorer son quotidien »



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